Avec sa précocité liée aux conditions climatiques et une autorisation inédite de commercialisation de bouteilles plus alcoolisées, la vendange 2026 en Champagne est « hors-normes » selon l’interprofession, qui souligne « un potentiel de très grands vins ».
Mais cette vendange exceptionnelle, marquée par des gels précoces puis par les vagues de chaleur et la sécheresse, pourrait devenir « la norme » en raison du changement climatique, qui pousse les vignerons à s’adapter, a souligné le Comité Champagne.
Pour la première fois, le Comité a annoncé avoir obtenu une dérogation temporaire à son cahier des charges qui autorisera la commercialisation de bouteilles de champagne titrant à plus de 13% d’alcool.
Cela devrait permettre aux « quelques vignerons » dont le raisin récolté présente d’ores et déjà un degré élevé d’alcool, de produire des vins allant jusqu’à 15% d’alcool, et ce même après une éventuelle chaptalisation, c’est-à-dire l’ajout de sucres lors du processus de double fermentation du champagne.
L’impact de cette dérogation devrait rester limité, estime l’interprofession, selon qui la teneur en alcool de la vendange est en-dessous de 12° en moyenne à l’échelle du vignoble.
Même s’il reconnaît qu' »il est encore trop tôt pour qualifier définitivement les vins issus de la vendange 2026″, le Comité Champagne a souligné lors d’une conférence de presse que les raisins récoltés cette année rappellent « plusieurs grands millésimes historiques du XXe siècle ».
– Faible rendement –
Ainsi, la récolte de 2026 présente « un potentiel de très grands vins », précise-t-il dans un communiqué.
Il s’agit d’une « vendange complètement hors normes », autant par « sa précocité » que par la qualité du raisin récolté, a estimé Sébastien Debuisson, directeur des services techniques du Comité Champagne.
Le rendement agronomique est quand à lui resté bien en-deça des dernières années, à environ 7.000 kg par hectare, a souligné Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons et coprésident du comité Champagne. En 2025, il s’était élevé à 9.900 kg par hectare.
Ce chiffre s’explique par des conditions climatiques difficiles: des « épisodes de gel de printemps d’une intensité historique, une floraison très précoce et cinq épisodes de canicule pendant l’été », détaille le Comité Champagne.
Les vendanges 2026 ont aussi été les plus précoces jamais observées en Champagne, avec de premiers coups de sécateurs dès le 6 août et une « généralisation de la récolte » le 17 août, deux semaines plus tôt qu’en 2025, année déjà précoce, selon le comité.

