- Selon une annonce de Bercy, dès le printemps prochain, les employés pourront récupérer les invendus alimentaires dans les enseignes où ils travaillent.
- Cette mesure pourrait bénéficier à près d’un million de personnes tout en réduisant le gaspillage alimentaire.
- Les petits commerces de bouche seront également concernés.
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Le 13H
Dans ce supermarché de Caen (Calvados), combien de produits vont-ils finir à la poubelle une fois la devanture baissée ? Bertrand Anne, le gérant, se pose la question tous les jours. Mais ce crève-cœur pourrait bientôt appartenir au passé. « Ces produits se périment officiellement ce soir. Donc, je ne sais pas encore quoi en faire. Mais c’est vrai, qu’à l’avenir, je pourrais en faire bénéficier mes salariés »,
avance-t-il dans le reportage ci-dessus.
Le fait de pouvoir en faire bénéficier nos salariés, ça va laisser un avantage en nature parce que ça les fidélise dans leur travail.
Le fait de pouvoir en faire bénéficier nos salariés, ça va laisser un avantage en nature parce que ça les fidélise dans leur travail.
Bertrand Anne, gérant d’un supermarché Carrefour à Caen
En effet, Bercy l’a annoncé ce vendredi 30 janvier : dès le printemps prochain, les salariés pourraient repartir avec des invendus sans obstacles administratifs. Jusqu’à présent, le supermarché devait avertir l’Urssaf, déclarer ce geste comme un avantage en nature et payer des cotisations. « Le fait de pouvoir en faire bénéficier nos salariés, ça va laisser un avantage en nature quand même parce que ça les fidélise dans leur travail. Et nous, ça nous évite de jeter et d’avoir à mettre des produits à la poubelle »
, souligne le gérant.
Cette nouvelle règle pourrait profiter à un million de personnes, des employés en rayon ou en caisse, au salaire souvent très modeste. « Ça va nous aider aussi dans notre quotidien. Des fois, si on a des petites choses pour amener à la maison, ça va toujours nous faire plaisir »,
confirme une hôtesse de caisse. Une loi prévoit déjà que les invendus soient donnés en priorité aux associations. Pour les très grandes surfaces, c’est même une obligation.
Mais même comme ça, 303.000 tonnes de produits alimentaires sont jetées chaque année. Alors pourquoi ne pas donner ce qu’il reste aux salariés ? En tout cas, pour les consommateurs, cela va de soi. « C’est normal. Après tout, ce sont les premiers concernés. Ils travaillent pour l’entreprise. Donc c’est une sorte de récompense, finalement »
, admet l’un d’eux. Un autre affirme que « c’est très important dans un contexte où les gens ont beaucoup plus de mal à finir leur fin de mois »
.
La nouvelle règle doit aussi concerner les petits commerces de bouche comme les boulangeries. « Le soir, on compte à peu près entre 5 et 10 pièces de pain d’invendus, quelques viennoiseries. C’est vrai que ça donne une aide supplémentaire sans les charges à payer dessus »
, indique Stéphanie Adnet, gérante de boulangerie. Ces dons devraient néanmoins rester plafonnés entre 100 et 500 euros par an et par salarié.













