Les communes redoublent d’ingéniosité pour sensibiliser au fléau des dépôts d’ordures sauvages.
Arras, dans le Pas-de-Calais, expérimente ainsi depuis un mois une mesure étonnante, qui semble porter ses fruits.
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Le 13H
« Merci de ramasser vos déchets, une patrouille de police est déclenchée« . Depuis ce haut-parleur installé au-dessus d’un point d’apport volontaire du centre-ville d’Arras (Pas-de-Calais), un message d’alerte retentit dès qu’un dépôt sauvage est repéré en flagrant délit. Une bonne idée pour les habitants. « Souvent, on voit beaucoup de déchets, commente l’un d’eux dans le reportage du JT de TF1 visible ci-dessus. Les gens s’en foutent un petit peu, ils sont juste focalisés sur le fait de jeter, tandis que maintenant, avec les haut-parleurs, je pense qu’on va pouvoir améliorer la vie à Arras« . « Je trouve ça très bien. Honnêtement, ça fait appel au civisme, donc aucun souci, ça ne me dérange absolument pas« , estime un autre.
Dans le centre de contrôle de la ville, les images sont scrutées en quasi-permanence par des opérateurs vidéo. Ce sont eux qui déclenchent le message de prévention et qui préviennent la police en cas de non-respect. Résultat, selon Arnaud Huysseune, chef de service de la police municipale : « Aujourd’hui, on est à peu près à 100 déclenchements. En verbalisations, on doit être à une dizaine de verbalisations. Une personne sur deux, après le déclenchement, repart avec ses poubelles« .
En cas de verbalisation, le montant de l’amende est de 285 euros, dont 150 euros de frais de nettoyage pour la commune. Car l’objectif avec les deux haut-parleurs installés fin février en plein centre-ville, c’est aussi de réduire les dépenses liées aux incivilités. « Chaque jour, quotidiennement, on a des dépôts sauvages, souligne face à la caméra de TF1 Xavier Dewalle, directeur général des services techniques d’Arras. La dépense de la commune pour lutter contre les incivilités, ça représente 1,5 million d’euros par an. C’est un budget important qu’on souhaite fortement réduire« .
Face au fléau des dépôts sauvages, les communes redoublent d’ingéniosité pour sensibiliser les habitants. L’an dernier, l’une de nos équipes s’était par exemple rendue à Caudebec-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime (voir l’article en lien ci-dessus), où la municipalité a mis en place des rubans pour délimiter les encombrants, comme pour une scène de crime.