jeudi, juin 11

  • L’Observatoire français des drogues alerte ce jeudi sur l’apparition de 40 nouveaux produits de synthèse entre 2024 et 2025, dont 26 rien que l’an dernier.
  • Une hausse portée par la multiplication des cannabinoïdes de synthèse, retrouvés notamment dans des e-liquides et des produits vendus comme du CBD.

Le marché des drogues ne cesse de se réinventer, et pas pour le meilleur. Dans son rapport biannuel (nouvelle fenêtre) publié jeudi 11 juin, l’Observatoire français des drogues et tendances addictives (OFDT) alerte sur l’apparition de 40 nouveaux produits de synthèse identifiés entre 2024 et 2025, dont 26 pour la seule année 2025.

Ces derniers, « aussi appelés ‘nouveaux produits de synthèse’, sont des substances psychoactives (nouvelle fenêtre) créées pour imiter les effets des drogues dérivées de plantes (comme la cocaïne ou le cannabis) et synthétiques (comme l’ecstasy ou les amphétamines) », précise l’Association Addictions France.

Des chiffres qui proviennent du Sintes, le Système d’identification national des toxiques et des substances, un dispositif mis en place en 1999 qui récupère, après des saisies de police (nouvelle fenêtre) par exemple, des échantillons de drogues pour en analyser la composition. Et l’activité du réseau explose : le nombre de collectes a bondi de 31% en un an, passant de 742 en 2024 à 1.086 en 2025. En cause selon le rapport, une « diversification croissante des substances circulant sur le territoire ».

Une évolution bien illustrée par le cas du cannabis. L’OFDT observe ainsi une progression des produits comestibles, mais surtout la présence de cannabinoïdes de synthèse dans de nombreux e-liquides pour cigarette électronique, ainsi que dans des produits vendus sous l’appellation CBD (nouvelle fenêtre), où ils servent d’agent adultérant. Des évolutions qui ne sont pas sans conséquences : en 2025, l’observatoire a recensé 41 signalements sanitaires pour effets inattendus et 45 pour effets indésirables, dont 21 graves.

Un « marché très dynamique », selon l’OFDT

Même chose du côté de la cocaïne (nouvelle fenêtre) : les auteurs pointent des concentrations « de plus en plus élevées », signe d’une « disponibilité toujours plus importante de produits avec de fortes teneurs et peu adultérés ». L’héroïne, elle, reste disponible sans rupture significative, avec toutefois une hétérogénéité des teneurs pour sa forme brune.

Enfin, les cathinones de synthèse, dont la 3-MMC, témoignent d’après l’organisation d’un « marché très dynamique et fortement influencé par les évolutions réglementaires et les circuits d’approvisionnement internationaux », avec une émergence « constante de nouvelles substances et des phénomènes de substitution ». Une course sans fin entre les fabricants et les autorités, que le réseau Sintes, composé de 19 coordinations locales dont cinq en outre-mer, tente ainsi de documenter.

Aymen Amiri avec AFP

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