Aux Etats-Unis, les violences d’extrême droite repartent à la hausse. Mais contrairement aux précédentes vagues, qui venaient des marges de la société, cette fois-ci, elles émanent directement du gouvernement fédéral.
Pendant le premier mandat de Donald Trump [janvier 2017-janvier 2021], les violences d’extrême droite avaient déjà connu une flambée meurtrière, notamment avec la mort très médiatisée d’Heather Heyer, en août 2017, lors d’une manifestation néonazie « Unite the Right » à Charlottesville, en Virginie. Au fil des années suivantes, une série de tueries de masse a pris la vie de dizaines de civils innocents, ciblant notamment des juifs rassemblés dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie [le 27 octobre 2018], des Latino-Américains présents dans un supermarché Walmart à El Paso, au Texas [3 août 2019], et des Afro-Américains dans un supermarché de Buffalo, dans l’Etat de New York [le 14 mai 2022], pour ne citer que quelques-unes de ces attaques.
Mais le 7 janvier, à Minneapolis, quand la poétesse Renee Good a été tuée lors d’une manifestation contre la police fédérale de l’immigration (ICE), c’est un agent fédéral qui a tiré. Sur la vidéo enregistrée par le portable du tireur au moment des faits, on entend une voix masculine disant : « Fucking bitch » (« putain de salope »). Loin de condamner cet homicide ou de promettre l’ouverture d’une enquête, l’administration Trump défend bec et ongles l’agent de l’ICE qui a appuyé sur la détente. Déformant la réalité, elle affirme que Renee Good était une « terroriste intérieure » et une « déséquilibrée gauchiste ». Elle soutient également qu’elle a essayé d’écraser le tireur et qu’elle représentait une menace imminente. Or plusieurs vidéos montrent très clairement que les roues de sa voiture n’étaient pas dirigées vers l’agent de l’ICE qui lui a tiré dessus, et que celui-ci ne se trouvait pas sur la trajectoire de sa voiture.
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