- Le nombre de grèves en France a été en forte baisse en 2024, indique ce jeudi la Dares.
- Un « net recul » qui s’explique en partie par la fin de la contestation contre la réforme des retraites, même si les revendications salariales demeurent.
Les Français sont-ils inlassablement en grève ? C’est l’image dont peuvent parfois pâtir les travailleurs de l’Hexagone à l’étranger, ces dernières décennies. Toutefois, cette impression n’est pas toujours prouvée par les chiffres. Et encore moins par ceux de l’année 2024.
D’après une étude de la direction des statistiques (Dares) du ministère du Travail publiée ce jeudi 5 février, seules 1,6% des entreprises de dix salariés ou plus du secteur privé non agricole ont connu un ou plusieurs arrêts collectifs de travail en 2024. C’est 1,1 point de moins que l’année précédente. « Cette proportion se situe désormais en dessous de la moyenne observée sur la période 2008-2024 »
, note la Dares. Il s’agit d’un « net recul des arrêts collectifs de travail »
.
Salaires et conditions de travail
D’autres indicateurs montrent la même tendance. « Rapporté aux effectifs salariés, le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève diminue de 64% en 2024, pour s’établir à 62 jours pour 1.000 salariés, après deux années de hausse marquée »
, poursuit la Dares. Et les entreprises de grande taille, dans lesquelles les grèves sont plus fréquentes, ont vu ces mouvements diminuer de 11,9 points en un an (pour les entreprises de plus de 500 salariés).
Ce recul s’explique en partie « par la diminution du nombre de mouvements interprofessionnels »
, constate le ministère du Travail. En 2023, l’année précédant les chiffres de cette étude, de nombreuses journées de grève avaient été organisées partout dans le pays pour contester la réforme des retraites d’Élisabeth Borne portant progressivement l’âge légal de départ à 64 ans. Une mobilisation vaine, dans un premier temps, puisque le texte est passé par 49.3, avant d’être suspendu par le Premier ministre Sébastien Lecornu fin 2025.
Depuis, aucun mouvement social d’ampleur, partagé par tous les secteurs d’activité et largement suivi, n’a été organisé. Ce qui n’a pas empêché une partie des salariés de porter d’autres revendications. « En 2024, dans 46% des entreprises connaissant au moins une grève, les revendications portent sur des motifs exclusivement internes »
, précise la Dares. Les rémunérations des employés, mais aussi les conditions de travail ou encore le temps de travail, figurent désormais parmi les revendications principales des grévistes.













