L’ironie du sort. Pour ce nouveau portrait d’un être en quête de soi, Sébastien Lifshitz a choisi un titre aussi provocant qu’une antiphrase. Derrière ce Jeune homme de bonne famille se cache un vieil enfant rescapé de l’indifférence assassine de parents indignes. Le fait que ce « jeune homme », bien sous tous rapports, soit un ancien acteur porno, qui connut une gloire entre les années 1960 et 1980, n’a que peu d’importance. Qu’il fut bon ou piètre comédien, figurant à la Comédie-Française à ses débuts, tête d’affiche de films aux titres potaches – Nelly, pile ou face ; French Erection ; La Partouze du diable ; Tonnerre de fesses ; Sylvia dans l’extase –, plaisant hétéro serviteur de ces dames et parfois de ces messieurs, qu’il n’ait pas laissé de traces immortelles dans la mémoire collective, rien de tout cela n’est grave.
Le documentaire que le réalisateur des Invisibles (2012) consacre à Claude Loir, désormais octogénaire, auteur d’une autobiographie (Confessions païennes, Hors Champ, 2023), vaut pour son itinéraire de gay traversant les « trente glorieuses », ses censures, sa criminalisation de l’homosexualité avant la libéralisation des mœurs de Mai 68. Et après.
Il vous reste 74.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
















