Champs de légumes détruits, prairies grillées, production laitière en berne: l’agriculture française paye un lourd tribut aux épisodes caniculaires qui s’ajoutent à une sécheresse inédite, entre autres facteurs. La récolte de maïs, par exemple, est attendue au plus bas depuis 1980.
Le gouvernement a annoncé mercredi un plan « global » avec des mesures d’urgence pour compenser les difficultés économiques, face au risque de faillite d’exploitations, et faciliter l’accès des agriculteurs à l’eau.
Mais le ministère de l’Agriculture a prévenu qu’il faudrait attendre fin août pour estimer précisément les pertes et calibrer les aides.
– Légumes en détresse –
Dès la mi-juillet, Cyril Pogu, coprésident de Légumes de France, tire la sonnette d’alarme: les cultures de plein champ non irriguées ont particulièrement souffert en Bretagne, dans les Pays-de-la-Loire et plus largement sur toute la façade ouest du pays.
La vague de juin a anéanti des hectares entiers, les salades et les carottes replantées dans la foulée n’ont pas survécu à la vague de juillet et la sécheresse se poursuit.
Les réserves destinées à l’irrigation ont été largement entamées, empêchant de nouvelles plantations. Et même les serres ne protègent plus complètement les tomates, avec des baisses conséquentes de volume.
Des tensions d’approvisionnement commencent à se faire sentir début août sur la saladerie, les jeunes pousses ou les radis du bassin nantais, avec des prix en hausse, voire un doublement pour les laitues: seules les plantations de juin et début juillet irriguées sont arrivées sur les étals.
En Bretagne, leader sur ces productions, « 100% des brocolis et des artichauts » mais aussi la plupart des jeunes plants de choux-fleurs non irrigués « sont détruits », affirme Cyril Pogu, ce qui aura des conséquences sur les étals à partir de l’automne, la fenêtre de plantation étant réduite pour ces légumes.
Les grosses coopératives ont dû renvoyer des saisonniers et mettre au chômage technique des salariés sur les lignes de conditionnement. Les pertes se comptent en dizaines de millions d’euros pour les plus grosses d’entre elles.
À l’échelle d’une exploitation, la mise en place d’un hectare peut coûter « 15.000, 20.000 voire 25.000 euros », selon Cyril Pogu.
Pour Daniel Sauvaître, président de l’interprofession fruits et légumes (Interfel), il n’y a « pas de pénurie » mais des « tensions » sur les légumes, la France étant coutumière des importations.
Sur les fruits la situation est plus nuancée, ajoute-t-il. Les melons ont perdu en qualité mais sont finalement arrivés sur les étals.











