Le député israélien d’extrême droite Zvi Soukot a tenté ce mardi 25 août de détruire un mémorial à la mémoire de « martyrs » palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu’il s’agissait de « terroristes », un acte condamné par l’armée et la classe politique.
« Il y a quelques jours, j’ai demandé à l’armée d’agir pour retirer les monuments commémorant des terroristes responsables d’attaques contre des Israéliens dans les villages de Madama et de Burin. Malheureusement, ils sont restés en place. Je m’y suis donc rendu moi-même et j’ai pris des mesures pour les retirer », a affirmé Zvi Soukot dans une vidéo le montrant avec un marteau tentant de détruire le mémorial.
L’armée et Benjamin Netanyahu condamnent
L’armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé « la manière trompeuse et manipulatrice » dont elle a été utilisée par Zvi Soukot.
« Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression », a dit l’armée dans un communiqué.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l’armée est « l’autorité souveraine en Judée-Samarie (nom israélien de la Cisjordanie) ».
« Se faire justice soi-même, en particulier lorsqu’il s’agit de personnalités publiques, est une pratique répréhensible qui empêche Tsahal de se concentrer sur ses missions de lutte contre le terrorisme et l’incitation à la violence », a dit Benjamin Netanyahu selon un communiqué de son bureau.
Un acte « terroriste » selon l’opposition de Netanyahu
Le principal rival de Benjamin Netanyahu pour les prochaines élections, Gadi Eizenkot, a réagi sur X en accusant le Premier ministre « qui permet à des anarchistes comme Zvi Soukot et ses semblables de faire tout ce qui leur plaît, mettant en danger la sécurité des localités israéliennes et portant atteinte à la position d’Israël dans le monde ».
Rami Nassar, chef du conseil du village de Madama, a déclaré à l’AFP que « le monument porte les noms des martyrs du village tombés lors de la bataille de Karameh (en 1968, NDLR), des première et deuxième Intifada (soulèvement palestinien), ainsi que jusqu’à aujourd’hui », qualifiant l’acte du député israélien de « terrorisme ».
Rami Nassar a affirmé que le nom d' »un agriculteur du village tué alors qu’il travaillait sa terre, sans qu’aucun affrontement n’ait eu lieu » était notamment inscrit sur le mémorial.
Dans sa vidéo, Zvi Soukot a affirmé que parmi les noms mentionnés sur le mémorial figurait celui de Yamen Faredj, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), recherché pour sa participation à des attentats en Israël pendant la seconde Intifada et qui avait été tué en 2004 à Naplouse par l’armée israélienne.
Les violences ont explosé dans le territoire palestinien, occupé depuis 1967, depuis l’attaque du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.
Article original publié sur BFMTV.com



