En meeting à Lyon pour soutenir la candidate LFI aux élections municipales Anaïs Belouassa-Cherifi, Jean-Luc-Mélenchon a consacré une partie de son discours ce jeudi 26 février à une critique de la presse. C’est toutefois un extrait de son intervention sur le traitement médiatique de l’affaire Jeffrey Epstein qui a suscité les plus vives réactions.
Au moment d’évoquer ce sujet, sur lequel La France insoumise a réclamé la formation d’une commission d’enquête parlementaire, Jean-Luc Mélenchon s’est ainsi attardé sur la prononciation du nom de famille du criminel sexuel mort dans sa cellule de prison en 2019 et de confession juive.
« S’il s’agit de l’affaire Epstein… Ah je voulais dire ‘Epstine’, pardon! », a fait mine de se reprendre Jean-Luc Mélenchon. « Ça fait plus russe ‘Epstine’. Alors maintenant vous direz ‘Epstine’ plutôt qu »Epstein’, ‘Frankenstine’ au lieu de ‘Frankenstein’. Eh bah voilà, tout le monde comprend comment il faut faire! Vous pouvez tous progresser. »
Des propos dénoncés par Olivier Faure
« N’en déplaise à J(ean-)L(uc) Melenchon, un élève de 5e sait qu’en anglais, ‘Epstein’ se prononce « Epstine. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine », a réagi sur X Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). « Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites. »
« Le nouvel antisémitisme en France s’écrit en 3 lettres: L-F-I », a pour sa part commenté sur X Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations. « Que chacun prenne ses responsabilités. Que chacun fasse le ménage. Pas une voix pour ces antisémites. »
Les reproches ont également afflué à gauche, de la part notamment de l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. « Comment peut-on tomber dans cette fange sans honte et sans déshonneur? Mélenchon se rêvait Mitterrand, il finit comme Soral », a-t-il cinglé.
« Est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux », a ainsi estimé en commentaire de l’extrait du discours Olivier Faure, le premier secrétaire du PS.
La patronne des Écologistes a également fait part de son indignation à la suite des ces propos. « Non mais ça va pas non! Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant », fustige Marine Tondelier.
Laurence Rossignol, sénatrice PS du Val-de-Marne a dénoncé plus directement les propos de Jean-Luc Mélenchon. « Depuis combien de décennies un responsable politique n’avait-il fait rire une salle en égrenant des noms juifs, en insistant sur leur prononciation, avec un rictus de haine? », a déploré l’ancienne ministre des Familles, de l’Enfance et des droits des femmes. « Ça n’a plus rien à voir avec Gaza. Ça n’a à voir qu’avec l’antisémitisme le plus terrifiant. »
Invité à réagir sur ces propos sur BFMTV-RMC, le candidat Horizons à la mairie de Paris, Pierres-Yves Bournazel, a également estimé qu' »incontestablement cela fleurte avec l’antisémitisme et c’est très grave ». « C’est vraiment nauséabond », a-t-il ajouté.
Article original publié sur BFMTV.com












