- Les côtes bretonnes sont-elles condamnées à être souillées par les algues vertes ?
- Comme l’an dernier et l’année d’avant, des dizaines de tonnes s’échouent chaque jour sur la plage de Douarnenez.
- Un phénomène qui ne surprend même plus les habitants.
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Canicule, vagues de chaleur, sécheresse, incendies… Un été 2026 de tous les dangers en France
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Vague après vague, c’est une marée d’algues vertes. Des dizaines de tonnes par jour s’échouent sur la plage de Douarnenez. Une pollution qui perdure depuis des décennies et qui n’étonne même plus les habitants. « J’ai toujours vu un peu comme ça quand il fait chaud. On s’y habitue »
, assène une retraitée dans le reportage du JT de 13H ci-dessus. En effet, les fortes chaleurs de cet été ont favorisé leur prolifération.
300 millions d’euros dépensés en 15 ans
Une fois échouée, l’algue verte blanchit et peut dégager un gaz mortel à forte dose. La commune a donc 48 heures maximum pour les ramasser. « Ça a un coût de l’ordre de 15.000 à 20.000 euros par an parce que c’est une société privée qui ramasse les algues. Ces sommes-là sont remboursées par l’État dans le cadre du plan algues vertes »
, indique Jean-Loup Thiver, adjoint à la mairie.
Trois cents millions d’euros ont été dépensés en 15 ans pour endiguer ce phénomène, lié à une forte présence de nitrates dans l’eau. Beaucoup d’argent pour peu de résultats, selon la Cour des comptes qui a demandé à l’État, début juillet, d’élargir et de renforcer ses actions contre cette pollution issue de pratiques agricoles.
Des algues brunes envahissent les fonds marins
Dans la rade de Brest, des plongeurs ont remarqué qu’en plus des algues vertes, une autre, brune cette fois, envahit les fonds marins. « Je n’avais jamais vu ça. Et puis, c’est moche. Vraiment moche. J’espère que ça ne va pas aller plus loin, parce qu’il n’y a plus rien à voir »
, déplore une des membres du club de plongée « ACDC » de Plougastel-Daoulas.
Cette algue recouvre des dizaines de mètres carrés, avec moins de lumière et d’oxygène pour l’habitat marin juste en-dessous, le maërl, qui sert d’abri pour tous les animaux et les végétaux. « On se retrouve avec une couche d’algues de 15 cm qui étouffe carrément le maërl, donc plus de nursery, plus de coquillages, plus de poissons, plus de larves »
, détaille Alain Gastrin, plongeur et membre du club de plongée de Plougastel.
Ces images ont été montrées à Thomas Burel, biologiste marin, spécialisé en écologie côtière à l’Institut universitaire européen de la mer. « C’est super impressionnant. C’est anormal d’en voir autant »
, concède-t-il. L’espèce prolifère depuis quatre ans, mais l’invasion est record cette année avec le réchauffement de l’eau. « Ces algues-là, si ça continue à proliférer autant, il va y avoir un changement majeur avec une forte dégradation des écosystèmes »
, prévient-il. Mais il est impossible de la retirer sans endommager les fonds marins qu’elle recouvre. Il faut donc patienter, attendre qu’elle se dégrade, ce qui pourrait entraîner la mortalité de certains végétaux et animaux.
La rédaction de TF1info | Reportage : Irvin BLONZ et Mederic PIRCKHER

