vendredi, juin 12

  • Le nouveau maire RN de Carcassonne a refusé de mettre des locaux municipaux à disposition du consulat d’Algérie.
  • La demande avait été faite pour l’organisation des prochaines élections législatives.
  • Christophe Barthès invoque les tensions diplomatiques entre Paris et Alger.

C’est un geste qui a fait polémique. Le nouveau maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès, a annoncé ce jeudi son refus de mettre des locaux municipaux à disposition du consulat d’Algérie pour l’organisation des prochaines élections législatives.

« Il ne me paraît pas cohérent que la Ville de Carcassonne mobilise ses moyens (…) afin de contribuer à l’organisation d’un scrutin relevant d’un État dont les autorités entretiennent aujourd’hui des relations particulièrement dégradées avec la France », a écrit l’élu RN dans un message publié jeudi matin sur les réseaux sociaux de la ville (voir ci-dessous).

Un choix politique assumé

Christophe Barthès

Selon la mairie, le consulat d’Algérie a sollicité la commune pour y installer des bureaux de vote destinés aux ressortissants algériens établis en France, appelés aux urnes pour les élections législatives du 2 juillet.

Pour justifier sa décision, le maire cite notamment le sort de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et du journaliste sportif français Christophe Gleizes. Le premier a été détenu pendant un an en Algérie, entre novembre 2024 et 2025, une expérience qu’il raconte dans son dernier ouvrage La Légende, dont la parution chez Grasset a suscité la controverse dans le milieu de l’édition. Le second, toujours détenu depuis mai 2024, vient d’être symboliquement accrédité par la Fédération internationale de football pour le Mondial qui a débuté ce jeudi.

Christophe Barthès, élu en mars dernier face à une liste de droite et une autre d’union de la gauche, affirme que sa décision « ne vise en aucun cas » les Algériens de Carcassonne, mais constitue « un choix politique assumé » à l’égard du « régime algérien ».

Depuis son élection, le nouveau maire a suscité diverses polémiques. Il avait par exemple décroché le drapeau européen de la façade de la mairie, signé un arrêté anti-mendicité, ou encore demandé à plusieurs syndicats de quitter des locaux municipaux que certains occupaient depuis des dizaines d’années.

Récemment, plusieurs maires RN nouvellement élus ont fait parler d’eux. À Castres (Tarn), Florian Azéma a fait annuler la pièce de théâtre Passeport, d’Alexis Michalik, qui conte les pérégrinations d’exilés dans la « jungle » de Calais. À Carpentras (Vaucluse), l’hymne vichyste « Maréchal, nous voilà ! » a été diffusé dans les haut-parleurs de la ville lors des commémorations du 8 mai 1945. Le maire Hervé de Lépinau avait plaidé la « manipulation politique ».

Louan DENIEL avec AFP

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