C’est une de ses rencontres bilatérales où bien souvent tout est programmé d’avance. Mais pas toujours… Nous sommes dans la ville sibérienne d’Omsk pour un sommet de coopération entre le Kazakhstan et la Russie. Le président kazakh s’installe face à Vladimir Poutine, entouré de plusieurs ministres, devant les micros et les caméras. Et le voilà qui ose parler de la guerre en Ukraine.
« Ce n’est que mon avis, mais il est peut-être temps de geler le conflit », lâche Kassym-Jomart Tokaïev. « C’est regrettable, des jeunes meurent. Tout cela doit être arrêté », ajoute-t-il en appelant à revenir aux accords d’Istanbul de 2022. Une prise de parole rarissime.
Une guerre aux causes « incompréhensibles »
À côté, Vladimir Poutine écoute. Tête baissé, front plissé, visage figé. « Je vous informerai bien évidemment en détails » de la situation avec l’Ukraine, se contente de répondre le président russe avant leur tête à tête.
L’échange – suprenant – a été retransmis en direct à la télévision russe. Le Kazakhstan est un allié de la Russie mais le pays n’a jamais exprimé son soutien à l’offensive de Moscou en Ukraine. Le dirigeant kazakh a en outre déclaré que les origines de la guerre « ne sont pas tout à fait compréhensibles pour beaucoup, y compris pour nous ».
Le message du président kazakh ne fera peut-être pas changé d’avis Vladimir Poutine mais il fait écho à la lassitude de plus en plus grande des Russes face à cette guerre.
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