vendredi, avril 24

Avec notre correspondante à Ankara, Céline Pierre-Magnani

Brandi dans de nombreuses manifestations féministes, le portrait de Gülistan Doku est aujourd’hui largement connu en Turquie. La famille de la jeune femme mène un combat politique et judiciaire pour faire la lumière sur sa disparition survenue en janvier 2020. Ses proches accusent notamment le fils de l’ancien gouverneur de la région de viol et de meurtre.

L’affaire, impliquant des personnalités politiques de haut rang, était restée au point mort pendant six ans. Mais l’arrivée d’un nouveau ministre de l’Intérieur et la nomination d’une nouvelle procureure générale de la république dans la région ont changé la donne.

Un tournant dans l’enquête

Selon l’avocat de la famille, Ali Cimen, des tentatives ont été faites pour entraver les investigations. « D’un côté, il y a des manœuvres pour que l’enquête soit étouffée. De l’autre, on fait pression sur ceux qui réclament des comptes, on les menace de poursuites judiciaires », explique-t-il.

Il souligne toutefois un tournant récent : « Depuis un an et demi, grâce à l’arrivée d’une procureure générale, l’enquête a été menée avec beaucoup de soin. » Il insiste également sur le rôle de la famille : « La bataille principale est menée par les proches de Gülistan, mais c’est aussi grâce à la procureure que nous en sommes là aujourd’hui. ».

La réouverture de ce dossier n’est pas un cas isolé. D’autres affaires non élucidées sous l’administration précédente ont également été relancées, comme les meurtres de la jeune Rojin Kabais ou de la fillette Rabia Naz Vatan. Certains responsables politiques, dont le chef de l’opposition, ainsi que des observateurs, y voient le signe de tensions internes au sein du pouvoir. Interrogé sur cette dimension, Ali Cimen n’a pas souhaité se prononcer.

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