Donald Trump a annoncé dimanche son intention de fermer pour deux ans de rénovation le Kennedy Center, emblématique salle de spectacles de Washington boudée par un nombre croissant d’artistes sous l’effet de la reprise en main du président américain.
Le lieu, que le milliardaire a rebaptisé pour y accoler son nom, va fermer le 4 juillet prochain à l’occasion des célébrations des 250 ans des Etats-Unis, a indiqué M. Trump sur son réseau Truth Social.
« J’ai déterminé qu’arrêter ses activités de divertissement pour une durée d’environ deux ans constitue la façon la plus rapide de porter le Trump Kennedy Center au plus haut niveau de réussite, de beauté et de grandeur », a-t-il expliqué.
Cette grande bâtisse blanche proposait depuis 1971 une programmation culturelle diversifiée, forte d’une longue tradition de neutralité politique.
Mais Donald Trump a repris les rênes de l’institution depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an. Il a placé ses proches à la direction, les drag shows et les événements célébrant la communauté LGBT+ ont été supprimés tandis que des conférences de la droite religieuse ont été organisées et des artistes chrétiens ont été invités.
Certains artistes ont décidé en réaction d’annuler leurs spectacles prévus dans cette institution, comme la comédie musicale à succès « Hamilton », ou encore le groupe de jazz The Cookers.
– « Tout le monde annule » –
Donald Trump n’a pas précisé l’ampleur des travaux prévus, qui permettront selon lui de transformer une institution « délabrée » en un « bastion de classe mondiale des arts, de la musique et du divertissement ».
« Le financement est finalisé et entièrement en place ! », a ajouté le milliardaire, lui-même président du conseil d’administration de la salle qui a accueilli fin janvier l’avant-première de « Melania », le documentaire consacré à la Première dame.
Sa façade affiche désormais le nom « Trump Kennedy Center », un changement considéré comme ultime symbole de sa reprise en main. Il a été dénoncé par la famille du président Kennedy et par l’opposition démocrate qui en conteste la légalité en l’absence de législation au Congrès.
Donald Trump avait dit être « honoré » et « surpris » par cette décision – bien qu’il ait parlé du « Trump-Kennedy Center » de manière insistante depuis son retour au pouvoir, en feignant de plaisanter.
Maria Shriver, autrice et membre de la famille Kennedy, a lié sur X l’annonce de la fermeture du centre à venir au fait que « personne ne veut plus s’y produire » et que « tout le monde annule » .
Dernier en date à annuler des représentations: le compositeur Philip Glass. Le maître de la musique répétitive et minimaliste, trois fois nommé aux Oscars, a jugé « les valeurs du Kennedy Center aujourd’hui (…) en contradiction directe avec le message de la symphonie » qu’il devait y présenter et qui est consacrée au président Abraham Lincoln qui aboli l’esclavage.
Le Washington National Opera a récemment annoncé qu’il allait quitter le centre, où il basé depuis son ouverture il y a plus de 50 ans.
En octobre, le Washington Post révélait que les ventes de billets y avait chuté à leur plus bas niveau depuis la pandémie.
Depuis son retour au pouvoir, M. Trump a lancé des transformations de lieux emblématiques de Washington, à commencer par la construction d’une salle de bal de 1.000 places à la Maison Blanche, pour plusieurs centaines de millions de dollars, ainsi qu’un projet d’arche imposante près du mémorial de Lincoln.
mlm/gmo/lgo/lgo










