Donald Trump a de nouveau « minimisé » jeudi 27 août « les inquiétudes quant à la possibilité que Poutine prépare une attaque contre les alliés des États-Unis en Europe », rapporte The Washington Post.
48 heures après le mystérieux voyage du directeur de la CIA John Ratcliffe à Moscou, le républicain a affirmé au média américain Axios qu’il ne « redoutait pas du tout » que la Russie s’en prenne à un pays de l’Otan. Une position qu’il a réitérée un peu plus tard dans la journée, lors d’un échange avec la presse à la Maison-Blanche. « J’ai eu de bonnes discussions avec » Poutine. « Il ne va pas attaquer un territoire de l’Otan », a assuré le président américain.
Ces déclarations contredisent des fuites parues mercredi et jeudi dans la presse américaine et internationale, sur les raisons de la visite du chef de la CIA à Moscou mardi. Selon The Wall Street Journal, le premier à avoir révélé l’information, la venue de Ratcliffe visait bien à mettre en garde la Russie contre toute attaque ciblant des pays de l’Otan, d’après des personnes proches du dossier interrogées par le quotidien. « Des responsables américains s’inquiètent de voir Poutine, sous pression en Ukraine et confronté à des difficultés sur le front intérieur, lancer une attaque pouvant aller d’une cyberattaque à une incursion terrestre de faible ampleur, probablement contre un pays balte », précisait mercredi le journal économique américain.
D’après une information du Washington Post, révélée jeudi, le voyage de Ratcliffe avait plus spécifiquement « été motivé par de nouvelles informations des services de renseignement américains indiquant que le Kremlin considérait les États-Unis comme affaiblis par la guerre en Iran, offrant ainsi à la Russie une occasion d’intensifier ses actions contre les intérêts américains et leurs alliés en Europe ».
Pour le comité éditorial du Wall Street Journal, « les États-Unis considèrent clairement qu’une incursion russe constitue une possibilité suffisamment sérieuse pour envoyer M. Ratcliffe » en Russie. « Espérons qu’un message ferme lui a bien été transmis », soulignent-ils dans un éditorial. Mais pour le Wall Street Journal, « la question du moment » est surtout « de savoir si la capacité de M. Trump à dissuader ses adversaires est aussi redoutable qu’il le prétend ». Si Poutine « envisage réellement de provoquer l’Otan, M. Trump pourrait démontrer sa détermination en renonçant au retrait annoncé de troupes américaines en Europe et en affichant un soutien accru à l’Ukraine et aux pays du flanc est de l’Otan ». « Si la dissuasion américaine échoue une nouvelle fois face à la Russie, M. Trump ne pourra pas rejeter la faute sur Joe Biden, et sa présidence en pâtira », prévient le journal conservateur.
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