- La professionnelle avait dissimulé un téléphone portable dans son thermos à destination d’un détenu de la prison d’Aix-Luynes.
- Elle a été condamnée à trois ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique.
« L’autorité publique a placé sa confiance entre ses mains, et elle l’a trahi »
. La procureure de la République n’a pas mâché ses mots lors du procès, vendredi 30 janvier, d’une surveillante pénitentiaire accusée d’avoir tenté d’introduire un téléphone portable en détention. La professionnelle a été condamnée à trois ans de prison, dont deux ans ferme sous bracelet électronique.
La surveillante avait tenté de franchir les portiques de la prison d’Aix-Luynes, dans les Bouches-du-Rhône, un thermos noir de café à la main sous lequel était dissimulé un téléphone portable, entouré de ruban adhésif marron. Prise de panique au moment de passer le dispositif de sécurité, qui n’était « pas systématique »,
elle s’est mise en colère et a déposé le thermos dans son casier, réfutant toute intention de le faire entrer dans l’enceinte de la prison. À la fin de son service, la sécurité a exigé l’ouverture du casier, découvrant le téléphone lors de la fouille.
Quatre personnes déjà condamnées début janvier
La professionnelle de 32 ans a ainsi été reconnue coupable de l’ensemble des faits de corruption qui lui étaient reprochés par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence. Le détenu à qui le téléphone était destiné a été relaxé dans le volet corruption, mais condamné à 12 mois de prison ferme pour recel de stupéfiants, découverts lors d’une fouille. « Yanis se plaignait de ne plus avoir de téléphone »,
a insisté la trentenaire, qui reconnaît avoir entretenu une relation, « un simple flirt »,
avec le prévenu. Elle évoque également « des problèmes d’argent, pour soigner mon chat qui est très malade »,
qui expliqueraient cette tentative de corruption.
« Le téléphone ne m’était pas destiné »,
a assuré le détenu, qui a notamment mis en cause la surveillante pour sa proximité avec les autres détenus. La procureure, elle, a demandé une « sanction forte »
dans « le climat actuel de la prison de Luynes »
. Cet épisode intervient en effet après la condamnation, début janvier, de quatre personnes travaillant en milieu carcéral, dont une surveillante, à des peines allant de deux à trois ans de prison pour corruption passive et participation à une association de malfaiteurs.
Le parquet de Marseille a par ailleurs créé une cellule spéciale anticorruption en octobre dernier. Déjà une vingtaine d’enquêtes sont en cours dans la juridiction marseillaise, portant sur des faits de corruption ou des tentatives de corruption liées au narcotrafic.











