- L’hypersensibilité désigne une intense réceptivité, une forte émotivité et une grande expressivité.
- Les hypersensibles ressentent plus fortement les informations sensorielles et émotionnelles et cela peut représenter un défi dans le cadre d’une relation amoureuse.
- Pour la psychothérapeute Florentine d’Aulnois Wang, l’hypersensibilité n’est pas un obstacle à l’amour durable mais une invitation à aimer plus finement.
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Il y a des silences qui parlent fort. Un ton de voix qui fait vaciller. Une lumière qui éblouit trop fort. Un mot qui emmène le cerveau dans un tourbillon de ruminations. Et un détail qui peut déclencher un vertige d’émotion. Un trop-plein. C’est ce que vivent, au quotidien, les hypersensibles. Pour eux, une surstimulation devient un océan, une tempête. L’hypersensibilité toucherait entre 10% et 20% de la population. Ce n’est pas le caprice d’une âme fragile, mais une antenne plus fine et une connexion au monde plus forte que la moyenne. « L’hypersensibilité n’est pas une maladie ou un défaut. C’est un mode de fonctionnement du système nerveux qui fait que l’on perçoit et que l’on traite plus intensément les informations sensorielles et émotionnelles
« , nous explique Florentine d’Aulnois Wang, psychothérapeute, experte en thérapie de couple et fondatrice de l’Intelligence Amoureuse©. (nouvelle fenêtre)
Ce système nerveux capte plus les sons, les lumières, les odeurs, mais aussi les dynamiques et les tensions relationnelles dans une situation de couple. Il s’émerveille plus, mais souffre aussi plus. « Ils ont une sensibilité à la nuance, aux subtilités de langage, aux émotions. Ils ont aussi une profondeur de traitement. Ils réfléchissent longtemps aux choses et en profondeur avant d’agir et ont une réactivité émotionnelle forte
« . Et quand la coupe est pleine, ils ont besoin de « se mettre dans une bulle pour se réguler, recharger les batteries sociales après des interactions un peu intenses, ils ont besoin de solitude
« .
Un lien émotionnel profond et une sensibilité sensorielle « qui nourrit l’intimité »
Si l’hypersensibilité est une richesse, elle peut être aussi un défi dans le cadre d’une relation à deux. Lorsque l’on n’a pas la notice, elle peut transformer une petite vague en tsunami. Et cela peut être déroutant. « Pour les gens qui ne sont pas hypersensibles et qui aiment et relationnent au long cours avec un hypersensible, parfois, ils ont l’impression de passer du noir au blanc à la couleur
« . C’est riche et intense, mais parfois, ça pique. Aussi bien pour l’hypersensible que pour le partenaire. « Vivre en couple, quand on est hypersensible, c’est comme avoir la peau à vif. Tout est plus beau, plus intense, pour le meilleur et pour le pire
« , souligne la psychologue. Le meilleur ? « Il y a une capacité d’empathie accrue, un lien émotionnel profond, une sensibilité esthétique et sensorielle qui nourrit l’intimité et la sexualité et tous les moments partagés
« . En revanche, l’hypersensibilité possède également un radar « implacable » pour détecter les changements de ton, d’humeur, du non-verbal qui peut être un avantage à condition d’être bien géré. « L’hypersensible est un sismographe du lien, il va capter les micro-vibrations avant qu’elles ne deviennent des secousses
« . Or, cela peut aussi devenir des zones de frictions parce que cette intensité émotionnelle peut sembler disproportionnée aux yeux de l’autre, ce qui peut parfois l’effrayer.
Par ailleurs, il peut y avoir une tendance à surinterpréter les signaux, notamment un changement de ton ou un silence de la part de l’autre. « L’hypersensible doit se connaître et doit savoir qu’il a ce radar sensoriel, car cela peut vraiment créer de la fatigue relationnelle chez le partenaire
« . D’où l’importance de poser ensemble des règles de régulation, de prévenir et d’expliquer « qu’il y a ce radar qui se déclenche à deux quand il se déclenche à dix dans le reste de la population » et de « ne pas tout prendre pour argent comptant
« .
Une intensité qui peut devenir une richesse relationnelle
Une relation harmonieuse est tout à fait possible. Cela passe par la création d’un langage, d’une communication, mais surtout d’intégrer l’hypersensibilité comme une « donnée et non pas comme un défaut
» en installant des rituels de régulation. Pour l’hypersensible, c’est apprendre à dire « pause, je suis saturé
« . C’est aussi reconnaître quand il y a besoin de s’isoler et comprendre que l’on peut s’aimer et pas être 100% du temps ensemble. « Cela demande de rentrer dans cette espèce de conscience émotionnelle et de parler de ce que l’hypersensible ressent plutôt que ce que l’autre a fait
« .
Le partenaire, quant à lui, doit comprendre que le besoin de solitude ou d’isolement momentané n’est pas un rejet. « Et il peut apporter aussi un soutien sensoriel : changer les ampoules, écouter la musique au casque, éviter les rushs et multiplier des espaces de corégulation : la douceur de la voix, la respiration, des contacts physiques qui régulent
« . Surtout, l’autre doit aussi poser des limites et communiquer. D’autant plus que « l’hypersensible capte des signaux que l’autre n’a pas encore captés, parfois, il a un pas d’avance et c’est très envahissant. Il faut donc apprendre à faire avec ça
. »
Pour Florentine d’Aulnois Wang, une relation avec un hypersensible apporte des différences, mais aussi des « trésors infinis, parce qu’il y a ce ressenti des choses, ce radar apporte beaucoup de finesse, d’intuition, d’empathie
« . L’hypersensibilité est une intensité qui peut devenir une richesse relationnelle quand elle est comprise et apprivoisée. « L’hypersensibilité n’est pas un obstacle à l’amour durable. C’est juste une invitation à aimer plus finement
« , conclut la psychothérapeute.




