Déménagement
« En 1999, j’habite depuis plusieurs années dans un petit pavillon de Draveil (Essonne) dont mon mari, Daniel, et moi sommes propriétaires. Un handicap osseux me complique la vie. L’escalier est devenu, pour moi, une montagne. Pour limiter les ascensions quotidiennes, une maison sans étage serait idéale.
J’ai 55 ans, mon mari, 59. Je suis rayonniste en pharmacie, lui chimiste. L’heure de la retraite approche. “Ça te dirait qu’on aille vivre à Saint-Amand-Montrond ?”, me demande-t-il. Une ville du Berry [Cher] où nous avons l’habitude de camper l’été. Nos petits-enfants pourraient en faire leur lieu de vacances. On pourrait aussi se nourrir avec des fruits et des légumes du jardin ! “Oui”, dis-je sans hésiter.
Après avoir acheté un terrain de 1 800 mètres carrés éloigné du centre-ville, nous feuilletons le catalogue d’un promoteur immobilier rencontré à la Foire de Paris en mai 2000. Nos yeux s’arrêtent sur une maison de campagne clés en main. Nous passons commande.
Juin 2001, près de deux ans plus tard. Le grand départ est dans deux semaines. Mon mari va voir le déménageur, qui lui annonce qu’il vient de déposer le bilan, et que son entreprise va être vendue à la bougie. Changement de programme. Un loueur de box entrepose nos affaires dans un garde-meubles situé dans une friche industrielle à l’abandon. La maison de Draveil a été vendue à notre fille et son mari. Il faut partir en même temps que nos meubles.
Le 14 juillet 2001, je débarque dans le jardin de notre nouvelle propriété. La maison est encore un micro-organisme. Il n’y a que des murs. Nous n’avons pas le droit d’y entrer. Les travaux sont loin d’être achevés. Nos meubles sont empilés dans cette friche ouverte à tous les vents, à 1 kilomètre du terrain. Mon “chez moi” semble écartelé entre le garde-meubles et ce terrain vide. Mais l’espoir de la construction balaie vite cette impression.
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