Pendant que le débat enfle sur l’opportunité de taxer les « superprofits » pétroliers liés à la guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies prévient les politiques: en cas de taxes, il ne pourra « pas maintenir » son plafonnement du prix des carburants dans ses station-service françaises.
Le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné, connu pour ses paroles directes, a fait cet avertissement mardi dans une interview donnée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées.
« En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, dans ce cas nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement [des prix] dans nos stations en France », a indiqué le patron, accusé par la gauche de profiter de la guerre.
« TotalEnergies ne va pas non plus s’excuser de performer et de réussir dans son domaine (…) Il n’y a aucune honte, cela signifie que l’entreprise fonctionne bien », a souligné le dirigeant.
Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la flambée du prix des hydrocarbures dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l’opportunité d’une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier « redistribuer » cet argent comme il l’entend.
Le groupe a annoncé jeudi, au lendemain de ses résultats trimestriels, qu’il maintenait « le niveau des plafonnements en vigueur depuis le 8 avril (essence à 1,99 euro/L et gazole à 2,25 euros/L) (…) pour le mois de mai » dans ses 3.300 station-services, une initiative qu’il poursuivra « tant que la crise au Moyen-Orient durera ».
En place depuis février 2023, pour atténuer les prix élevés à la pompe en pleine crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, cette initiative leur avaient coûté « entre 400 et 500 millions de dollars » cette année-là.
Mais le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi encouragé TotalEnergies à un plafonnement encore plus « généreux » des prix à la pompe », selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche.
« Est-ce qu’on demande à Total d’en faire plus? Oui », a déclaré mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement, tout en s’insurgeant contre « des mensonges et des contrevérités » qui circulent sur le groupe.
« Total paye déjà des impôts », à hauteur de « 2 milliards d’euros de prélèvements obligatoires » en France, a indiqué M. Lecornu, rappelant aussi que La France était le « seul » pays où TotalEnergies plafonnait ses prix.











