- Deux jours après avoir tenté de tuer Donald Trump et plusieurs autres personnalités lors du gala de la presse à Washington, Cole Allen a été mis en accusation pour tentative d’assassinat ce lundi.
- Comment est-il parvenu à franchir le périmètre de sécurité ? Pourquoi n’a-t-il pas été arrêté et repéré plus tôt ?
- Une équipe du 20H de TF1 a reconstitué le parcours du tireur en pénétrant dans l’hôtel Hilton.
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Donald Trump évacué en urgence après des tirs à Washington
Comment le tireur armé a-t-il pu franchir le périmètre de sécurité qui protégeait Donald Trump lors du dîner des correspondants de la Maison Blanche ? Deux jours après des tirs dans l’hôtel Hilton de Washington, la réaction du service de sécurité pose question. Dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article, notre équipe a pu pénétrer dans l’immense hôtel et filmer en caméra discrète pour reconstituer le parcours de Cole Allen, accusé lundi 27 avril de tentative d’assassinat sur le président des États-Unis.
Sans aucun contrôle, nos journalistes parviennent jusqu’au dixième étage de l’établissement de plus d’un millier de chambres. C’est à ce niveau, samedi soir, que le suspect prépare ses armes à feu. « Il était en fait dans la chambre voisine, ça m’a glacé et j’étais très choqué »
, raconte Hugh Dougherty, un journaliste britannique qui se trouvait alors à seulement quelques mètres. « À l’enregistrement, il n’y a eu aucun contrôle des bagages au rayon X ou au détecteur de métaux pour vérifier le contenu, et on pouvait circuler librement dans l’hôtel »
, poursuit le rédacteur en chef du site d’information américain The Daily Beast
.
Selon toute vraisemblance, le tireur emprunte alors ce passage discret. « Juste derrière cette porte, il y a les chambres d’hôtel et le suspect serait donc passé par cet escalier qui est un escalier de service réservé au personnel »
, explique ensuite Justine Jankowski, correspondante de TF1-LCI à Washington DC. Il descend alors à pied les dix étages pour contourner les zones publiques les plus surveillées.

En bas, l’accès est aujourd’hui bloqué, mais la visite virtuelle du site Internet de l’hôtel permet de poursuivre la reconstitution. Un point de contrôle est installé samedi soir derrière la porte, sous une caméra qui a filmé la scène. On aperçoit le tireur traverser en courant, avant d’être neutralisé quelques mètres plus loin, en haut d’un grand escalier. L’entrée de la salle de bal, où étaient présents Donald Trump, JD Vance, mais aussi les ministres, les journalistes et de nombreux invités, se trouve juste en dessous.

Là encore, la réaction des services de sécurité pose question. « Il y a énormément d’agents qui regardent tous dans la même direction et ne voient pas arriver l’individu qui vient dans leur dos »
, constate Gilles Furigo, ancien chef du service de protection des hautes personnalités. « Leur rôle est de ‘bunkeriser’, c’est-à-dire que personne ne doit passer. Et donc, ce n’est pas parce que tout le monde est rentré que la mission est finie »
, assure celui qui a été commissaire général de la police nationale.
Au même moment dans la salle de bal, les convives sursautent en entendant des coups de feu. Sur la scène, le vice-président JD Vance est exfiltré au bout de dix secondes. Quant à Donald Trump, il est aussitôt cerné par les agents du Secret Service, mais il n’est évacué qu’au bout de dix secondes supplémentaires. Un délai que le président américain expliquera plus tard à CBS News : « C’était un peu de ma faute, je voulais voir ce qui se passait et je ne leur facilitais pas la tâche. Je voulais vraiment comprendre. »
Autre question : ce dîner aurait-il dû être sécurisé au niveau maximal des plus grands événements comme l’est l’investiture présidentielle ? « Si vous n’avez pas une centralisation, il peut y avoir un problème de communication entre la sécurité de l’hôtel et le Secret Service ou la police sur place »
, pointe Elizabeth Sheppard Sellam, spécialiste défense et sécurité. Résultat : deux possibles angles morts dans la protection du périmètre.











