- Depuis l’annonce du décès de Quentin D., un jeune étudiant proche des milieux identitaires violemment agressé jeudi, les réactions politiques s’enchaînent.
- La droite, l’extrême droite et le gouvernement chargent l’extrême gauche, responsable selon eux du drame.
- Mis en cause, un groupe antifasciste lyonnais fondé par un député insoumis se défend de toute implication, tandis que LFI assure n’avoir « rien à voir avec cette histoire ».
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Mort du jeune Quentin à Lyon après une agression
Devant la Sorbonne, à Paris, elles étaient plusieurs dizaines de personnes à se rassembler ce dimanche, au cri de « Justice pour Quentin ! »
. Les amis du jeune étudiant de 23 ans, décédé samedi après avoir été violemment agressé (nouvelle fenêtre) deux jours plus tôt à Lyon, ont fait le déplacement pour crier leur colère. Mais des militants et des élus étaient aussi présents. L’hommage au jeune homme, qui s’est achevé par une minute de silence, avait été lancé à l’appel de plusieurs groupes identitaires et nationalistes.
Des membres des groupuscules les Natifs, la Bastide bordelaise et l’Oriflamme Rennes comptaient par exemple parmi les participants, selon l’AFP. Des personnalités politiques d’extrême droite, comme l’eurodéputée Marion Maréchal-Le Pen et le président de Reconquête! Eric Zemmour, étaient également présents. Quentin D. était proche du groupe identitaire Némésis, et a un temps milité dans les rangs de la section de Vienne (Isère) de l’Action française, selon cette dernière.
Pointé directement du doigt, un groupe antifasciste lyonnais réplique
Lors du rassemblement, une banderole « Antifas assassins, justice pour Quentin »
avait été déployée devant le bâtiment universitaire. Les mouvements antifascistes d’extrême gauche (nouvelle fenêtre) ont été directement pointés du doigt par des personnalités à droite et à l’extrême droite, mais aussi par le gouvernement. « C’est manifestement l’ultragauche qui a tué »
, a lancé ce dimanche le garde des Sceaux Gérald Darmanin, tandis que le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé que « manifestement, c’est l’ultragauche qui était à la manœuvre »
dans ce « lynchage »
.
Un mouvement antifasciste a en particulier été mis en cause dans les rangs de l’extrême droite, sans que le parquet n’ait établi pour sa part un tel lien à ce stade : la Jeune Garde, fondée par le député LFI Raphaël Arnault (nouvelle fenêtre). Le collectif identitaire Némésis a affirmé que Quentin aurait été agressé par des militants antifascistes (nouvelle fenêtre) dont certains seraient issus de ce groupe, dissous en juin 2025. Toujours d’après lui, l’étudiant faisait partie du service d’ordre chargé de protéger ses militantes, venues protester contre une conférence d’une eurodéputée insoumise, Rima Hassan, à l’Institut d’études politiques (IEP) de Lyon.
Dimanche, la Jeune Garde a répliqué dans un communiqué qu’elle « ne saurait être tenue pour responsable »
, « ayant suspendu toutes ses activités »
, après avoir été dissoute en juin 2025. Le député Raphaël Arnault, lui-même fiché S, avait exprimé dès samedi sur le réseau X « horreur et dégoût »
après l’annonce du décès du jeune homme (nouvelle fenêtre), appelant à ce que « toute la lumière soit faite »
. Son collaborateur parlementaire, directement mis en cause par Némésis, a lui démenti « formellement être responsable de ce drame »
et annoncé se retirer de ses fonctions « le temps de l’enquête »
, selon son avocat.
Les Insoumis rejettent toute « responsabilité » dans l’agression
Dans cette tempête politique, le parti LFI lui-même s’est retrouvé dans la tourmente. Son chef de file Jean-Luc Mélenchon n’a en effet jamais caché la proximité entre sa formation politique et la Jeune Garde, la décrivant par exemple en mai 2025 comme « une organisation alliée, liée au mouvement insoumis »
. Le mois suivant, lorsque le gouvernement avait annoncé dissoudre le mouvement (nouvelle fenêtre), le parti avait alors déposé un recours auprès du Conseil d’Etat pour annuler cette décision.
Pour autant, dans le sillage de la réaction du mouvement antifasciste, les Insoumis ont répliqué, rejetant eux aussi en bloc toute responsabilité dans l’agression violente de Quentin. « Nous n’avons rien à voir avec cette histoire et ceux qui nous accusent sont des calomniateurs »
, a tonné Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Montpellier ce dimanche. Invité sur LCI, le coordinateur insoumis Manuel Bompard a également assuré que LFI ne portait « aucune responsabilité »
(nouvelle fenêtre)
dans cette affaire, affirmant qu’« aucun »
de ses militants n’était « impliqué »
.
Pour l’heure, les circonstances précises de l’agression restent encore à déterminer, et le procureur de Lyon pourrait dévoiler les avancées de l’enquête, ouverte pour coups mortels aggravés et de violences aggravées, lors d’une conférence de presse lundi à 15 heures. Ce dimanche, le parquet a seulement indiqué que la police a « recueilli plusieurs témoignages significatifs »
, et que « l’enquête s’oriente à présent sur l’identification des auteurs directs des violences correctionnelles et criminelles »
.













