- Un nouveau réseau criminel de trafic de drogues a été démantelé par les douaniers français et espagnols.
- Les agents de Marseille ont saisi près de 2 tonnes de cannabis dans un conteneur en provenance de Thaïlande.
- Ils l’ont ensuite laissé poursuivre sa route jusqu’à Barcelone, pour arrêter les trafiquants qui l’attendaient.
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La France en proie au narcotrafic
À première vue, le conteneur ne contenait que de simples cartons de chaussures et de vêtements. Mais en y regardant de plus près, les douaniers de Marseille découvrent des dizaines de sacs argentés, qu’on peut voir dans le sujet du 13H en tête de cet article. Au total, près de 2 tonnes de cannabis étaient dissimulées (nouvelle fenêtre), d’une valeur estimée à 17 millions d’euros à la revente au détail. Cette saisie historique, fruit de la coopération des douanes françaises et espagnoles, permet de constater que de nouvelles routes de la drogue sont en train de se mettre en place.
Car ce conteneur avait été repéré dès son départ de Thaïlande, fin mars. La cargaison a finalement été interceptée à son arrivée dans le port de Marseille (nouvelle fenêtre), le 18 mai dernier. Parmi les 5 tonnes de marchandises inspectées, la Direction des douanes de la cité phocéenne découvre alors près de 1.500 sacs thermosoudés, « sur lesquels le chien anti-stupéfiant marque l’arrêt »
, détaillent les douanes françaises dans un communiqué (nouvelle fenêtre). Des tests confirment la présence de plus de 1,7 tonne de cannabis.
Le conteneur remis « dans le circuit », « comme si de rien n’était »
Les douaniers saisissent alors la drogue, mais laissent le conteneur lui-même repartir et poursuivre son trajet en direction de Barcelone, « sans compromettre le planning de livraison initialement prévu par l’organisation criminelle suspectée »
, relate encore le communiqué. La cargaison arrive dans un entrepôt à proximité de la ville catalane trois jours plus tard, à bord d’un camion, toujours suivie de près par la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), aux côtés des douanes espagnoles.
Sur des images tournées par ces dernières, que le 13H de TF1 a pu se procurer, on découvre en effet le conteneur acheminé au port de Barcelone. « L’idée était de suivre le conteneur le plus longtemps possible. Intercepter les stupéfiants, et remettre le conteneur dans le circuit commercial, classique, comme si de rien n’était »
, explique dans la vidéo un agent qui a piloté toute l’opération avec son équipe, qui s’exprime à visage caché. En fin de compte, ce stratagème a permis « de taper
le cœur du réseau
(nouvelle fenêtre), et c’était bien l’objectif »
, savoure-t-il.
En laissant la cargaison poursuivre son chemin, les autorités ont en effet réussi à prendre au piège plusieurs trafiquants. Le dimanche 24 mai, cinq membres de l’organisation criminelle se réunissent au niveau de l’entrepôt où le conteneur a été acheminé, pour réceptionner la marchandise. Ils sont alors surpris par les douaniers espagnols (nouvelle fenêtre), qui les attendaient pour les interpeller. Un transitaire, deux Espagnols et deux ressortissants chinois sont alors arrêtés.
« Une stratégie à l’international » : une nouvelle route au départ de l’Asie ?
Dans leur communiqué, les douanes françaises se réjouissent de cette « pleine coopération »
transfrontalière, tandis que le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel, cité dans le document, salue « un nouveau coup aux réseaux criminels internationaux »
. En juillet 2025, une opération commune avait déjà permis d’intercepter 138 kg de cocaïne au port de Fos-sur-Mer, près de Marseille, permettant de démanteler une organisation implantée à Barcelone, qui orchestrait un trafic entre les deux pays européens et l’Amérique du Sud, en particulier le Chili et l’Equateur (nouvelle fenêtre).
Cette fois-ci, ce réseau était basé en Espagne et tentait « d’ouvrir une nouvelle route de la drogue en provenance de Thaïlande à destination du continent européen, en transitant par la France, pour une destination finale prévue en Espagne »
, détaillent les douanes françaises dans leur communiqué. Plus largement, les agents marseillais suspectent des approvisionnements depuis de nouveaux pays. « Les organisations criminelles ont
une stratégie à l’international
(nouvelle fenêtre). Elles vont rechercher là où le produit stupéfiant est disponible, et là où son coût de production est le moins élevé »
, appuie l’agent interrogé au micro de TF1.
Pour tenter de démanteler ces réseaux, les opérations de contrôle se multiplient. À Fos-sur-Mer par exemple, près de Marseille, un conteneur a été inspecté ce vendredi 29 mai, à l’aide d’un scanner mobile. « C’est un engin qui permet vraiment de voir l’intérieur du conteneur. On peut voir armes, tabac, stupéfiants »
, détaille un douanier. Au moindre doute, les portes sont ouvertes et les cartons fouillés à la main par les agents. La tâche reste malgré tout immense : sur quelque 1,5 million de conteneurs qui transitent par le port de Marseille chaque année, environ 7.000 seulement sont contrôlés.











