La Chine multiplie les démonstrations militaires au large de Taïwan.
Cette présence massive de navires de guerre est la plus importante depuis près d’un an. Ces manœuvres servent à évaluer la force du soutien de Washington à Taïwan.
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LCI Midi
La Chine resserre l’étau autour de Taïwan. L’île est encerclée par des dizaines d’avions et de navires de guerre chinois, a annoncé mercredi 2 avril son ministère de la Défense, alors que Pékin a organisé pour la deuxième journée consécutive des exercices militaires visant l’île dont l’Empire du Milieu revendique la souveraineté.
Le ministère taïwanais a détecté 27 avions chinois, 21 navires de guerre et 10 bateaux de garde-côtes entre 06h08 et 13h30, a déclaré un responsable de la défense à la presse.
Les forces armées chinoises ont « mené des exercices de tir réel à longue portée » et conduit « des frappes de précision sur des cibles simulées de ports clés et d’installations énergétiques« , a déclaré le porte-parole du Commandement du Théâtre Oriental de l’armée chinoise, Shi Yi, dans un communiqué. « Tous les objectifs prévus dans le cadre des exercices conjoints menés les 1er et 2 avril ont été atteints« , a-t-il poursuivi.
Il y a la tentative de mettre les États-Unis au défi
Il y a la tentative de mettre les États-Unis au défi
François Godement, spécialiste de la Chine
Ces nouveaux exercices surviennent quelques jours après une tournée en Asie du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, qui a affirmé que Washington assurerait la « dissuasion » dans le détroit de Taïwan.
« Il y a la tentative de mettre les États-Unis au défi de répliquer ou pas. Derrière ça, évidemment, il y a un test des intentions de Donald Trump« , commente François Godement, spécialiste de la Chine et de l’Asie de l’Est sur LCI.
« Pour moi, tout est possible aujourd’hui. Ces exercices sont destinés un peu à un coup de bluff pour faire pression sur l’opinion publique taïwanaise. Je suis persuadé que la Chine veut jouer de ça sur la population pour les élections de 2028 à Taïwan pour faire revenir le Kuomintang qui est devenu aujourd’hui un quasi-allié de la Chine. Mais cette pression, elle peut se traduire par une invasion à tout moment ou par une tentative d’invasion« , poursuit le spécialiste.
De son côté, Washington a réagi ce mercredi en condamnant « des activités militaires et une rhétorique agressive de la Chine » qui « exacerbe les tensions et met en danger la sécurité régionale et la prospérité du monde« .