Le ministère de la défense syrien a annoncé, mardi 20 janvier au soir, un cessez-le-feu de quatre jours avec les Kurdes dans le nord du pays, après l’annonce d’une entente sur le sort de leur bastion de Hassaké. Ce cessez-le-feu prendra effet « à partir de 20 heures » (18 heures, heure à Paris), précise le ministère dans un communiqué, après l’échec de précédents efforts de trêve.
Les forces kurdes ont aussi affirmé leur « engagement total » en faveur du cessez-le-feu. « Nous ne lancerons pas d’action militaire si nos forces ne sont pas soumises à des attaques », ont écrit dans un communiqué les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes).
Dans le même temps, la présidence syrienne a annoncé une « entente » avec les Kurdes sur le sort de leur bastion de Hassaké (Nord-Est), en vertu de laquelle l’armée n’entrera pas dans les localités kurdes de la région. Dans un communiqué, la présidence précise que les Kurdes ont « quatre jours, à partir de mardi soir », pour proposer un plan d’« intégration pacifique » de la province de Hassaké au sein de l’Etat syrien.
L’annonce de la présidence syrienne est survenue alors que l’armée a pris le contrôle des provinces de Rakka et Deir ez-Zor (Nord et Nord-Est) lundi, à la suite du retrait des FDS sous la pression militaire. L’armée a, par ailleurs, massé des troupes aux abords des localités kurdes de la province de Hassaké, où sont désormés repliés les combattants kurdes.
Le président syrien, Ahmed Al-Charaa, et le chef kurde Mazloum Abdi devaient finaliser lundi à Damas un accord sur l’intégration des institutions civiles et militaires kurdes à l’Etat syrien. Ce texte porte un coup aux espoirs d’autonomie de la minorité kurde, qui avait instauré une zone autonome dans le Nord et le Nord-Est au cours de la guerre civile (2011-2024).
« Etat syrien unifié »
L’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a estimé de son côté que cette nouvelle trêve offrait « une voie vers une intégration complète [des Kurdes] dans un Etat syrien unifié, avec des droits de citoyenneté, une protection culturelle et une participation politique, longtemps refusés sous le régime de Bachar Al-Assad ».
« Bien que des risques subsistent (cessez-le-feu fragiles, affrontements occasionnels, inquiétudes concernant les extrémistes ou la volonté de certains acteurs de remettre sur le tapis des griefs passés), les Etats-Unis font pression pour que les droits des Kurdes soient protégés et que la coopération contre l’Etat islamique soit renforcée », a-t-il ajouté sur son compte X. Selon M. Barrack, « les Etats-Unis ne souhaitent pas maintenir une présence militaire à long terme ; leur priorité est de vaincre les derniers bastions de l’EI, de soutenir la réconciliation et de promouvoir l’unité nationale sans cautionner le séparatisme ou le fédéralisme ».
« Damas est désormais prêt à prendre le relais en matière de sécurité, notamment pour contrôler les centres de détention [du groupe] EI », avait-il fait valoir précédemment, alors que le ministère de la défense syrien annonçait être « entièrement prêt à prendre la responsabilité du camp d’Al-Hol et des prisons » de djihadistes dans la région.
Dans un entretien à un média kurde, le chef des FDS, Mazloum Abdi, avait appelé « la coalition internationale à assumer ses responsabilités dans la sécurisation » des camps de prisonniers de l’EI, ajoutant s’être retiré dans des zones majoritairement kurdes du Nord-Est, dont la protection est une « ligne rouge ».














