« Durcissez votre sexe… Pardonnez ce lapsus. Durcissez votre texte. » Au palmarès des perles prononcées dans l’hémicycle du Palais-Bourbon, celle du député Union des démocrates pour la République (UDR, droite) Robert-André Vivien, peut prétendre au podium. Cette interpellation, lancée en séance du 24 octobre 1975, visait un autre député UDR, Jacques Marette. Lapsus ou boutade ? Le doute est permis, vu le profil de son auteur : un grognard du gaullisme, ancien résistant, copain comme cochon avec certains députés communistes, habitué à fréquenter la buvette de l’Assemblée. De là à penser qu’il a voulu amuser la galerie, il n’y a qu’un pas.
Le « texte » qui fait fourcher sa langue ce vendredi de l’automne 1975 est un amendement au projet de loi de finances pour 1976 visant à surtaxer la production et l’exploitation de films pornographiques. En somme, il s’agit de pénaliser fiscalement le vice. Aux yeux d’une bonne partie des parlementaires, il y a urgence à légiférer : voilà quelques mois que le pays est confronté à ce que l’hebdomadaire La Vie catholique qualifie de « marée noire pornographique » : un déferlement de films pour adultes proposés dans les mêmes cinémas que les comédies populaires ou les œuvres d’animation pour enfants.
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