Sa silhouette a fait le tour du monde. Star de la CAN 2025, Michel Kuka Mboladinga est devenu l’icône de tout un continent. Immobile durant tous les matches de la RD Congo, ce supporter congolais a marqué la 35e édition de la Coupe d’Afrique au Maroc en se muant en statue vivante à l’effigie de Patrice Lumumba, héros de l’indépendance du Congo.
À chaque rencontre de son pays, il a reproduit ce geste inspiré d’une statue du Premier ministre du Congo durant quelques mois en 1960, installée sur son mausolée de béton et de verre à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo.
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Après l’élimination de son équipe en huitièmes de finale face à l’Algérie, sa gestuelle a été moquée par le joueur algérien Mohamed Amoura. Au coup de sifflet final, l’attaquant a imité la pose de la statue vivante avant de s’allonger sur le terrain, semblant lui signifier qu’il pouvait maintenant allait se reposer.
Cette plaisanterie a suscité un tollé sur les réseaux sociaux et le jour des Fennecs, ainsi que toute sa sélection, ont présenté leurs excuses à Michel Kuka Mboladinga.
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Des imitations sur tous les terrains
Depuis cette polémique, ce sont des hommages qui se sont multipliés sur les terrains. En guise de réponse au mauvais geste de Mohamed Amoura, le joueur nigérian Akor Adams a célébré son but, le 10 janvier, en quart de finale contre l’Algérie, synonyme d’élimination pour les Verts (0-2). L’attaquant du FC Séville s’est immobilisé le bras droit levé, fixant le ciel, une paume ouverte.
Le lendemain, l’ailier de l’OGC Nice Sofiane Diop, a également reproduit ce geste en 16e de finale de Coupe de France face à Nantes (1-1, 3-5 tab), après avoir inscrit un but en première mi-temps.
Dans les tribunes de la CAN, les spectateurs se sont aussi emparés de la statue vivante. Des supporters marocains ont notamment reproduit le geste à l’occasion du quart de finale contre le Cameroun remporté par les Lions de l’Atlas (0-2).
Au-delà des terrains de sport, l’image de Patrice Lumumba est devenue un véritable symbole artistique. Le peintre marocain Mohamed Lachhab, connu pour ses portraits et qui est suivi par près de 600 000 personnes sur Instagram, a lui aussi réalisé une toile de l’ancien Premier ministre congolais à l’occasion de la compétition.
En quelques semaines, le souvenir de Patrice Lumumba a ainsi été ravivé. Selon des historiens, c’est un discours virulent contre le racisme des colons belges qui a fait entrer Patrice Lumumba dans la légende, le 30 juin 1960, jour de la proclamation de l’indépendance congolaise. Un discours qui a aussi scellé le sort de ce nationaliste considéré comme un communiste par ses détracteurs. Après seulement 75 jours au pouvoir, il fut renversé, avant d’être assassiné le 17 janvier 1961 à Shilatembo, dans le Haut-Katanga, par des séparatistes katangais et des mercenaires belges.
Son corps, dissous dans l’acide, n’a jamais été retrouvé. Il a fallu des décennies pour découvrir que des restes humains avaient été conservés en Belgique, dont une dent. Cette affaire demeure l’une des pages les plus sombres des relations entre la Belgique et son ancienne colonie.













