Déguisés en personnages de la série « Demon Slayer », Shawn et sa soeur Whitney n’ont que deux mots pour décrire la dernière édition estivale du World Cosplay Summit au Japon: « super chaud ».
« J’en ai déjà bu cinq (bouteilles d’eau). J’ai des manches longues, des chaussures et, waouh! Quand on est sortis pour la première fois, on était trempés de sueur », raconte à l’AFP Shawn, venu du Texas pour ce rendez-vous annuel des fans d’animation, de mangas et de jeux vidéo à Nagoya.
A partir de 2027, la convention aura lieu sous les délicieuses températures de l’automne nippon, en novembre. Mais avant, les 250.000 festivaliers devront subir les 40°C annoncés pour la clôture, dimanche.
« La chaleur peut vraiment mettre la vie des gens en danger donc avant tout, nous demandons à chacun de prendre toutes les précautions possibles, en s’assurant qu’ils sont en bonne condition physique, dorment assez et restent hydratés », dit Tokumaru Oguri, le directeur exécutif du WCS.
Apparu dans la communauté des fans de science-fiction aux Etats-Unis, le cosplay a explosé au Japon avant de devenir un phénomène mondial dans les années 1990 et 2000.
Personnages humains ou non de séries, films, BD, jeux, marques, mèmes, références pop, internet, ou nouveaux concepts, les possibilités de déguisements sont légion, même s’ils peuvent peser de plus en plus lourd sous l’effet d’un mercure qui ne cesse d’augmenter.
Ces dernières semaines, de nombreuses régions du Japon ont traversé des « jours cruellement chauds », ou « kokushobi », une nouvelle classification permettant d’insister sur le danger climatique dans un pays qui a enregistré en 2025 son été le plus torride.
Selon les scientifiques, l’activité humaine rend les vagues de chaleur plus fréquentes et plus extrêmes, dans l’archipel comme ailleurs.
– « On transpire » –
Au WCS, nombre de festivaliers ont ainsi adapté leur accoutrement.
« Orena », Française de 40 ans, explique avoir fabriqué son déguisement de Haku, personnage du « Voyage de Chihiro », en lin et en coton pour combattre la chaleur.
Elle fera partie de l’équipe française dimanche au grand concours du WCS, qui verra s’affronter 41 pays sur divers critères, de la qualité du costume à la performance des acteurs, en passant par la fidélité aux personnages originaux.
« Et sur des grosses compétitions, comme le World Cosplay Summit, on est tenté d’avoir des costumes avec quand même un certain nombre de techniques et souvent un certain nombre de couches sur les tenues », raconte l’électricienne.
« Et des températures très chaudes nous posent énormément de problèmes. Déjà pour nous, pour ne pas se sentir mal, mais même au niveau du maquillage et de porter les perruques, on transpire et ça devient vite très compliqué ».
« La plupart des cosplayers qui prendront part au défilé d’aujourd’hui porteront sans aucun doute des (costumes) plus confortables, car ils vont marcher sous la chaleur du soleil », estime pour sa part Jeoffry Quiben, professeur de 35 ans déguisé en « Hiei », l’un des démons du manga Yu Yu Hakusho.
Organiser la convention en novembre permettra aux visiteurs de donner leur maximum, ajoute sa camarade Krizel Guiral, qui incarne « Kurama », un autre démon du titre culte de Yoshihiro Togashi.
« Je pense que ce serait vraiment génial de voir différents types de costume », conclut l’infirmière de 38 ans auprès de l’AFP.
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