LETTRE D’ASIE DU SUD-EST
Valises à roulettes, sacs à la main, ou alors sans rien, vêtus de shorts, chaussés de sneakers ou de tongs, ils sont sortis des casinos ou de mystérieux parcs industriels en petits groupes, marchant parfois des heures à travers les rizières, ou hélant des taxis, des tuk-tuks ou tout ce qui pouvait encore rouler pour rejoindre Phnom Penh, la capitale du Cambodge.
Ce grand exode – presque tous des jeunes – de Chinois, d’Indonésiens, de Bangladais, de Népalais, mais aussi de Pakistanais et de Vietnamiens, est le fait de milliers de « scammers » (« fraudeurs »), des petites mains de la cyberfraude retenues plus ou moins de force et qui fuient, depuis le 15 janvier, les « centres d’arnaque » disséminés aux quatre coins du pays.
Certains se sont évadés, d’autres ont profité du fait que le personnel de sécurité avait pris la poudre d’escampette devant l’imminence de raids policiers, ailleurs les portes se sont ouvertes sans aucune explication. La cyberfraude consiste pour ces fraudeurs à hameçonner par des tactiques élaborées sur des sites de rencontre de futures victimes pour les inciter à investir dans de fausses applications ou miser de l’argent dans des jeux en ligne. La « proie », à chaque étape de l’hameçonnage, passe entre les mains de différentes équipes, ce qui fait que personne n’a vraiment l’impression d’avoir commis la fraude.
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