En pleines négociations sur les tarifs de l’électricité à long terme entre le groupe public et les grandes entreprises, l’État actionnaire a fait savoir vendredi 21 mars que le mandat de Luc Rémont, l’actuel patron d’EDF, ne serait renouvelé cet été. Le PDG paye ses réticences à sacrifier la rentabilité de son entreprise pour soutenir les industriels français. La nomination probable d’un spécialiste du nucléaire pour le remplacer confirme aussi les ambitions renouvelées de l’exécutif français pour relancer la filière.
Luc Rémont n’effectuera donc pas de deuxième mandat à la tête d’EDF (Électricité de France). Deux ans et trois mois après sa nomination, l’État actionnaire a fait savoir par la voix du Premier ministre François Bayrou qu’il ne passerait pas l’été. Même si l’exécutif a pris soin de préciser qu’il ne s’agissait pas d’une « sanction », cette décision intervient en pleines négociations entre l’électricien public et les industriels sur les contrats à long terme. Ces contrats d’une durée de dix à quinze ans sont censés donner aux industries très gourmandes en énergie (le BTP, la sidérurgie, la chimie…) une visibilité à long terme et un cadre propice à l’investissement.
Sa priorité, explique-t-il en substance, a toujours été la rentabilité de l’entreprise dont il avait la charge, garant selon lui de sa pérennité. Entre ces deux visions opposées, l’État actionnaire a tranché. François Bayrou a donné raison aux patrons mécontents en expliquant que le gouvernement soutenait « le choix d’une électricité abondante, propre et pas trop chère ».
Un spécialiste du nucléaire à la barre
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