Sous l’égide du Mécanisme International à cinq composé de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE), des Nations unies (ONU), de la Ligue arabe et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), des pourparlers entre les trois plus grands regroupements politiques soudanais ont débuté mercredi 3 juin à Addis-Abeba. Censés durer jusqu’au 5 juin, ils rassemblent l’alliance Sumud dirigée par l’ancien Premier ministre Abdullah Hamdok, le Bloc démocratique allié à l’armée, et l’alliance Ta’sis qui a formé un gouvernement parallèle issu des Forces de soutien rapide (FSR).
Des représentants de la société civile y participent également, avec pour objectif d’ouvrir un dialogue politique global entre les protagonistes, en vue de former un Comité national unifié de dialogue soudano-soudanais susceptible de mettre fin au conflit armé qui a commencé en avril 2023.
Reste que des divisions apparues au sein du Bloc démocratique, dont plusieurs membres refusent de discuter avec des membres dirigeants de l’alliance Ta’sis, pourraient entraver les négociations.
La crainte de donner une légitimité aux FSR
Quatorze formations politiques qui y sont affiliées – dont le Parti démocratique, le Mouvement pour la justice et l’égalité et le Congrès Beja dirigé par Tarek Turk – ont ainsi annoncé leur retrait du processus, tandis que onze autres, qui avaient pourtant décidé de se rendre dans la capitale éthiopienne, ont donné une conférence de presse à Addis-Abeba pour dire qu’elles refusaient finalement elles aussi d’entamer un dialogue politique avec Ta’sis.
Si ces partis réaffirment leur engagement en faveur du dialogue, leurs responsables rejettent catégoriquement l’idée de s’assoir à une table avec « tout gouvernement parallèle qui chercherait à diviser le Soudan ». Le Mouvement de libération du Soudan faction Minnawi, l’Alliance sociale dirigée par Mubarak Ardol et le Front uni dirigé par Amin Daoud figurent notamment parmi eux.
« Le Bloc démocratique craint de dialoguer avec le gouvernement représentant les paramilitaires car ce dernier revendique une légitimité, explique l’analyste politique soudanais Chawki Abdelazim. Pour les FSR, la reconnaissance de leur organe politique constituerait en effet un atout majeur dans les négociations, car elle garantirait alors leur présence dans tout processus politique via leurs représentants civils. »











