Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas
Il n’y aura pas justice pour les victimes de l’attaque d’Haskanita au Darfour. La CPI a refermé le dossier Abdallah Banda, l’un des commandants d’une branche dissidente du mouvement pour la Justice et l’Égalité à l’époque des faits. Le 29 septembre 2007, des rebelles darfouris attaquaient la base d’Haskanita où sont alors basés les soldats de la Paix de l’Union africaine au Soudan. Douze d’entre eux perdent la vie, huit au moins sont blessés.
Inculpé, Abdallah Banda se présente à la Cour avec un autre rebelle, décédé depuis. Il comparait librement. Il est mis en accusation pour crimes de guerre début 2011. Mais en septembre 2014, en vue de son procès, le rebelle disparait des radars.
Après expertise, le bureau du procureur a décidé de demander le retrait du mandat d’arrêt. Il estime que les preuves sont détériorées. Les dépositions de certains témoins, recueillies avant 2010, seraient devenues plus fragiles au fil du temps.
Mais les avocats des victimes regrettent la décision. Ils étaient 105 victimes du Botswana, de Gambie, du Mali, du Sénégal et du Soudan, proches des tués et témoins de l’attaque. Les juges ont pris leur décision à contrecœur. Ils disent ne pouvoir forcer le procureur à poursuivre l’affaire. Mais le dossier pourra être rouvert en cas de nouvelles preuves.




