Des affrontements et frappes de drones ont fait 51 morts au cours des dernières vingt-quatre heures au Kordofan, région stratégique du Soudan à l’épicentre des combats entre l’armée régulière et les paramilitaires, selon des sources médicales locales jointes par l’Agence France-Presse (AFP).
Jeudi, l’armée soudanaise a affirmé avoir repris aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) la ville de Bara, une des lignes mouvantes du front dans cette région cruciale pour le contrôle de ce vaste pays d’Afrique de l’Est. Depuis des mois, l’armée s’emploie à repousser les offensives des FSR sur l’axe reliant la capitale, Khartoum, qu’elle contrôle, à la région du Darfour (Ouest), aux mains des paramilitaires.
La guerre qui fait rage depuis avril 2023 au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, provoquant ce que l’Organisation des Nations unies (ONU) qualifie de « pire crise humanitaire au monde ». Le conflit s’est intensifié ces derniers mois avec un recours accru aux drones.
Escalade de la violence dans la région du Kordofan
Jeudi, la localité de Dilling, dans l’Etat du Kordofan du Sud, a été la cible toute la journée de tirs d’artillerie et de frappes de drones, ont rapporté des sources sur place. Jointe par l’AFP, une source médicale à l’hôpital local a déclaré sous le couvert de l’anonymat que 28 personnes avaient été tuées et 60 blessées, « dont des enfants et des femmes ». Mercredi, une frappe sur Dilling avait déjà fait cinq morts et sept blessés, selon la même source médicale. L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier ce bilan de manière indépendante.
En mission à Dilling le 1er mars, Louise Brown, coordinatrice humanitaire de l’ONU au Soudan, a fait état de « combats majeurs » en évoquant les « civils piégés » dans cette ville et l’urgence humanitaire : « Cette guerre, c’est de la folie », a-t-elle déclaré dans une vidéo diffusée par l’ONU.
Mercredi, une frappe de drone a fait 18 morts et 25 blessés à Al-Mojlad, une ville contrôlée par les paramilitaires dans l’Etat du Kordofan occidental, près de la frontière avec le Soudan du Sud. Les FSR avaient accusé mercredi leurs rivaux d’avoir ciblé un marché de cette ville.
Jeudi, la prise de Bara a été suivie d’une frappe de drone contre un bâtiment public à El-Obeid, a rapporté un responsable local, en imputant l’attaque à « la milice des FSR ».
Les Nations unies dénoncent depuis plusieurs mois les frappes des deux camps sur les zones peuplées. Les appels à la trêve sont restés sans effet alors que les deux camps s’équipent d’armes de plus en plus sophistiquées avec l’aide de leurs alliés respectifs.










