- C’est un cold case qui a marqué la mémoire collective aux États-Unis.
- Celui du petit Etan Patz, disparu en 1979, sur le trajet vers son bus scolaire.
- Le principal suspect avait avoué les faits en 2014, mais il pourrait bientôt être relâché à cause d’un vice de procédure.
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Le 20H
Son visage hante l’Amérique depuis maintenant près de cinquante ans. Etan Patz n’avait que 6 ans quand il a disparu. Son corps n’a jamais été retrouvé et le seul suspect dans l’affaire pourrait bientôt être relâché.
Des milliers d’appels à témoin
Retour sur ce matin du 25 mai 1979. Le petit Etan Patz avait réussi à convaincre sa mère. Pour la toute première fois, elle l’autorise à rejoindre à pied l’arrêt du bus scolaire qui se trouve à seulement 160 mètres de l’appartement familial. Mais le garçon n’est jamais monté dans le bus. Des milliers d’appels à témoins vont alors être placardés. Partout aux États-Unis, le visage de l’enfant disparu est affiché pendant des mois entiers sur des millions de briques de lait.
L’enquête a pendant longtemps été une impasse. En 1991, un premier suspect est interpellé, puis finalement mis hors de cause. Vingt et un ans plus tard, suite à un témoignage, les policiers new-yorkais détruisent la dalle du sous-sol d’un immeuble pensant enfin percer des décennies de mystères. « Nous cherchons des ossements, mais aussi des vêtements ou des objets personnels appartenant à Etan. Tout ce qui servira à comprendre ce qui lui est arrivé »
, indiquait à l’époque Paul Brown, porte-parole du NYPD.
Je suis allé dans le sous-sol et il m’a suivi. Et là, je l’ai étranglé
Je suis allé dans le sous-sol et il m’a suivi. Et là, je l’ai étranglé
Pedro Hernandez, un père de famille de 64 ans qui a avoué le meurtre
Mais l’opération est un échec. Aujourd’hui, des millions d’Américains ont les yeux tournés vers un homme, Pedro Hernandez, un père de famille de 64 ans. Employé à l’époque des faits dans une épicerie, Pedro Hernandez a été dénoncé 33 ans plus tard par un membre de sa famille. Face aux enquêteurs du NYPD, il finit par avouer le meurtre. « Je suis allé dans le sous-sol et il m’a suivi. Et là, je l’ai étranglé. Ça s’est passé très rapidement. Je ne sais pas pourquoi je l’ai fait »
, témoignait-il. Il purge actuellement une peine de vingt-cinq ans de prison pour le meurtre du petit Etan Patz.
À l’issue du procès, Stan Patz, le père de l’enfant confiait son soulagement après s’être battu tant d’années pour connaître la vérité. « Nous n’aurions jamais imaginé qu’un procès aurait lieu un jour. Maintenant, je connais le visage du diable »
, disait-il.

Mais dans un revirement sans doute jamais vu, la justice américaine estime désormais qu’un vice de procédure lors de cet interrogatoire rend illégale la condamnation de l’accusé. Un nouveau procès devra donc se tenir d’ici l’été prochain. La journaliste Lisa Cohen suit l’affaire depuis le premier jour et en a écrit un livre. À cause de ce rebondissement et parce qu’aucune preuve scientifique n’existe contre lui, le meurtrier pourrait bien être acquitté. « Tout le monde s’est battu pour que cette affaire ne soit jamais oubliée. Mais il va falloir convoquer les policiers et les témoins de l’époque. Cette enquête a toujours été semée d’embûches et organiser ce nouveau procès si longtemps après les faits ne va pas arranger les choses »,
assure-t-elle.
Le dossier Etan Patz reste aujourd’hui encore un traumatisme dans tout New York. Et la date du 25 mai est désormais aux États-Unis, la journée des enfants disparus. « Tous les parents se demandent :
‘Et si cela m’arrivait aussi, et si cela arrivait à mon enfant, comment je réagirais ?’ Depuis Etan, les parents sont devenus très protecteurs »
, souligne John Bischoff, du centre national américain pour les enfants disparus et exploités. Etan Patz aurait aujourd’hui 53 ans. Ses parents se sont juré jusqu’à leur mort de retrouver un jour son corps.













