Les heures de sommeil et les heures d’insomnie. Les calories et la glycémie. Les pas, les kilomètres et les battements de cœur.
À l’heure de l’optimisation de soi, le corps est la proie de toutes les calculettes, machines à corriger pour performer (et alimenter le capitalisme tardif).
« Pourtant, une révolte est en marche, affirme le magazine britannique Dazed. Un nombre croissant d’individus rejette l’optimisation à tous crins pour se tourner vers une démarche plus intuitive, plus humaine et sans prise de tête. »
« L’idée, c’est que
ce qui contribue
à notre forme
physique et mentale
ne peut pas forcément
se mesurer. »
Le magazine britannique Dazed
En élargissant la notion de bien-être au subjectif et à l’intangible, les adeptes du unquantified self (ou, pour les non-anglophones, de la libération des stats) préfèrent privilégier leur énergie, leur présence au monde et ce qui leur semble bon pour eux.
À Glendale, en Californie, en juin 2025. Les requêtes “bien-être intuitif” sur Google ont augmenté de 2 021 % à l’échelle mondiale au cours de l’année écoulée, constate le magazine britannique “Dazed”.. Photo Ryan Young/The New York Times
À Glendale, en Californie, en juin 2025. Les requêtes « bien-être intuitif » sur Google ont augmenté de 2 021 % à l’échelle mondiale au cours de l’année écoulée, constate le magazine britannique « Dazed ».Photo Ryan Young/The New York Times
Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Les requêtes « bien-être intuitif » sur Google ont augmenté de 2 021 % à l’échelle mondiale au cours de l’année écoulée, constate le magazine britannique.
« Si l’optimisation
et la discipline
relèvent d’une logique
rigide et moralisatrice,
le contraire est alors
de se fier entièrement
à sa propre intuition. »
Tatum Brandt, conseillère en stratégie créative spécialisée
dans le bien-être, au magazine britannique Dazed
L’essor du mouvement de libération des stats s’inscrit dans le sillage d’autres mouvements comme l’anarchie du bien-être
– elle-même née de la lassitude face à l’existence monacale vantée par l’industrie mais synonyme d’anxiété, de solitude voire de surmenage.
À force d’injonctions, ce qui devait être un outil vers la quête du bien-être peut s’avérer plus aliénant que libérateur.. PHOTO HIROKO MASUIKE/THE NEW YORK TIMES
À force d’injonctions, ce qui devait être un outil vers la quête du bien-être peut s’avérer plus aliénant que libérateur.PHOTO HIROKO MASUIKE/THE NEW YORK TIMES
« Ce qui m’a frappée
chez les gens,
ce n’est pas le rejet
des injonctions
au bien-être, mais plutôt
le sentiment croissant
que le bien-être devenait
lui-même une forme
d’autoflicage. »
Jessica Smith, autrice du rapport sur les tendances 2026
du Sommet mondial du bien-être, au magazine britannique Dazed
Car le problème, c’est que, à force de sous-traiter la surveillance de chacun de nos souffles et de nos soupirs à une application spécialisée, nous devenons incapables d’écouter notre corps.
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