Interview – Un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture est accusé d’avoir drogué 250 femmes pour les forcer à uriner devant lui en plein entretien d’embauche. L’une d’elles, Sylvie Delezenne, témoigne auprès de « 20 Minutes »
L’affaire a éclaté en 2018 presque fortuitement : Christian Nègre, un haut fonctionnaire qui a longtemps travaillé comme DRH au ministère de la Culture, est surpris en train de photographier discrètement les jambes d’une sous-préfète. Un geste immédiatement pris au sérieux : la justice est saisie et son matériel informatique. Mais personne n’imagine alors le tournant que s’apprête à prendre l’affaire. Dans un fichier Excel, il détaille comment il a administré des diurétiques à leur insu à des femmes pour les forces à s’uriner dessus en sa présence.
Le fichier compte 180 noms, mais la justice estime aujourd’hui que près de 250 femmes pourraient avoir été victimes entre 2009 et 2018. Parmi elles, Sylvie Delezenne a accepté de se confier à 20 Minutes. Elle revient sur cette interminable matinée, sa longue incompréhension, mais également l’insoutenable attente avant le procès.
Une réunion d’information est prévue le 10 septembre au tribunal pour faire un point sur l’avancée du dossier. Qu’attendez-vous de ce rendez-vous ?
Qu’on me dise que le dossier avance, qu’on ait une date de procès, un calendrier clair… Ça fait sept ans qu’on attend. J’entends les arguments sur le nombre de victimes, la difficulté d’une telle enquête. Mais aujourd’hui, j’ai vraiment le sentiment que la justice prend tout son temps, qu’on se moque des victimes. Pourquoi la procureure a attendu cette année pour passer un appel dans le but de trouver de nouvelles victimes ? Pourquoi tout ce temps perdu ? C’est (…)
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