Une Américaine peut en cacher une autre… Tout le monde n’avait d’yeux que pour Lindsey Vonn, mais la reine de la descente a chuté lourdement et le titre de championne olympique est revenu à sa compatriote Breezy Johnson, dimanche à Cortina.
Âgée de 30 ans et championne du monde en titre, Johnson n’a jamais gagné de course en Coupe du monde. Mais elle compense désormais très largement dans les courses d’un jour avec ce doublé Mondiaux-JO. Elle a devancé de justesse l’Allemande Emma Aicher, 2e à 4/100e, et l’Italienne Sofia Goggia, 3e à 59/100e. Elle devient par là même la deuxième Américaine à devenir championne olympique de descente après… Lindsey Vonn, il y a 16 ans.
« On est toujours sur le fil du rasoir en descente et, aujourd’hui, je suis parvenu à rester sur ce fil pour aller vite », a-t-elle commenté.
Si la « Speed Queen », que tout le monde attendait, a lourdement chuté avec le dossard 13, refroidissant l’ambiance et entraînant une longue interruption, Breezy Johnson, partie parmi les premières (dossard 6), a débuté plutôt prudemment dans les pentes les plus ardues de la célèbre Olimpia delle Tofane. Elle a fait une première différence un peu avant la mi-pente, puis dans le bas du parcours.
Dans le siège du meilleur temps provisoire, elle a assisté incrédule à la chute de Vonn puis, une fois le titre acquis, a essuyé des larmes de joie, avant d’afficher un large sourire.
« En terminant ma manche, je me suis dit que cela allait peut-être le faire pour l’or, en tous cas que cela serait suffisant pour une médaille. Quand Emma (Aicher) était en piste, j’ai commencé à stresser, mais après elle, cela été plus agréable à suivre », a expliqué la skieuse de Salt Lake City.
– « Chemin compliqué » –
Dire qu’en Coupe du monde elle ne compte donc aucune victoire -et seulement neuf podiums, dont huit en descente, depuis le début de sa carrière il y a dix ans!
Il est vrai qu’avant de réaliser ce doublé Championnats du monde 2025 et JO-2026, Breanna « Breezy » Johnson a eu « un chemin compliqué », comme elle l’a elle-même relevé après sa victoire.
L’Américaine s’est blessée gravement à un genou juste avant Pékin-2022, puis a été suspendue 14 mois pour manquements à ses obligations antidopage (trois « no shows »), ne retrouvant le circuit que fin 2024.
Mais son titre mondial à Saalbach en mars 2025, à 29 ans, lui avait manifestement donné des idées… et sans doute a-t-elle aussi été mise en confiance par le second entraînement officiel de samedi, où elle avait réalisé le meilleur temps.
Même si elle échoue d’un rien à la deuxième place, la jeune Allemande Emma Aicher a elle jugé « incroyable de remporter (sa) première médaille olympique en descente ». « Mon run n’a pourtant pas été très bon… et je ne pensais pas que cela suffirait », a-t-elle estimé.
Après deux premières médailles (argent et bronze) chez les hommes samedi, le ski alpin italien en récolte déjà une troisième grâce à Sofia Goggia, toutefois « un peu déçue ». « Je sais que je pouvais faire mieux », a dit la skieuse de 33 ans, qui avait décroché l’or à Pyeongchang-2018.
Quant aux trois Françaises, elles n’ont pas réussi d’exploit, Laura Gauché terminant 13e à 1 sec 88/100e, devant Romane Miradoli (16e à deux secondes) et Camille Cerutti (24e à 4 sec 31/100e).
« C’est ma meilleure descente de l’année. C’est bien de montrer son meilleur ski aux Jeux. Après, faire 13e aux Jeux, ça sert à rien, il n’y a que les trois premières places qui comptent. Je vais quand même essayer de garder le positif pour le combiné », a réagi la meilleure tricolore dimanche.
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