Julien Odoul fébrile au palais de justice de Paris. Le député RN est jugé ce mardi 20 janvier dans le cadre du procès en appel des assistants d’eurodéputés FN. En première instance, il avait été condamné à huit mois d’emprisonnement avec sursis et un an d’inéligibilité, sans exécution provisoire.
L’élu de l’Yonne est accusé d’avoir, entre 2014 et 2015, perçu de l’argent du Parlement européen en tant qu’assistant parlementaire alors qu’il travaillait en réalité pour le parti, auprès de Marine Le Pen.
« Je ne me pose pas de question »
De retour à la barre, Julien Odoul a peiné à se défendre, semblant presque résigné face aux juges. « C’est surprenant. Vous êtes assistant parlementaire d’une députée européenne qui n’a rien à vous faire faire et qui vous domicile dans son bureau local où elle ne vient quasiment jamais. Et tout cela ne vous questionne pas? », l’interroge la présidente, Michèle Agi. « Non, je ne me pose pas de question », concède-t-il.
La présidente du tribunal évoque ce mail de février 2025, déjà exhumé lors du premier procès, dans lequel il demandait à Marine Le Pen s’il pouvait venir au Parlement européen et « faire connaissance » avec Mylène Troszczynski, l’eurodéputée dont il est assistant parlementaire depuis déjà quatre mois à l’époque.
« Si Mylène Troszczynski m’avait donné du travail… »
Assailli de questions, Julien Odoul finit par remettre la faute sur son ancienne eurodéputée. « J’ai fait ce que m’a dit de faire ma députée », affirme-t-il. Avant de lâcher: « si Mylène Troszczynski m’avait donné du travail, je ne serai pas devant vous aujourd’hui ».
La présidente Michèle Agi a brandi d’autres pièces du dossier, dont un mail adressé par Mylène Troszczynski à Julien Odoul en avril 2015. La députée européenne y évoque clairement une double fonction, auprès d’elle et au cabinet de Marine Le Pen: « Il faut qu’on prouve le temps passé pour moi ».
Si l’élu RN peine à apporter la preuve de son travail d’eurodéputé, la présidente rappelle que la cour a, en revanche, beaucoup de preuves de son travail pour Marine Le Pen. « Vous signez vos mails ‘Julien Odoul, conseiller spécial de Marine Le Pen' », souligne-t-elle.
En perquisition, les enquêteurs ont également retrouvé le CV de Julien Odoul. Il indique qu’il est conseiller spécial de Marine Le Pen à partir d’octobre 2014, mais ne fait aucune mention de son rôle d’assistant au Parlement européen.
Sans pour autant reconnaître clairement les faits qui lui sont reprochés, Julien Odoul conclut en disant qu’il « regrette infiniment cette période ».
Article original publié sur BFMTV.com














