- Avec l’augmentation du prix du paquet de cigarettes, la contrebande est devenue très lucrative.
- Les réseaux criminels italiens ont développé une production et un trafic à grande échelle.
- Les policiers multiplient les saisies spectaculaires et le démantèlement d’ateliers clandestins.
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Le 20H
Depuis quelques mois, les policiers italiens sont parvenus à démanteler plus d’une dizaine d’ateliers clandestins qui produisent des cigarettes de contrebande dans des proportions industrielles. En septembre 2025, la police douanière a réalisé ainsi une opération record, la plus importante en Europe.
Dans un entrepôt situé à une heure de Rome, caché derrière « un mécanisme hydraulique sophistiqué »,
les enquêteurs ont découvert une usine souterraine abritant 300 tonnes de cigarettes et de matériel à la pointe de la technologie. Dans ce bunker, 7 millions de cigarettes étaient fabriquées par jour, soit environ 5.000 par minute.
« Nous avons suivi des camions suspects jusqu’à une fabrique clandestine. Nous y avons saisi entre 12 et 14 millions d’euros de matériel »,
a expliqué le lieutenant Davide Vezzoli, membre de la Guardia di Finanza de Bergame. Mais la lutte contre la contrebande reste difficile. «
Les trafiquants
utilisent des techniques de surveillance ultra-sophistiquées : capteurs anti-espionnage, panneaux d’insonorisation et même des générateurs pour masquer la consommation d’électricité »
, révèle le policier.
Un paquet trois fois moins cher
Mais qui sont les commanditaires ? Qui est à la tête de ce trafic ? Pour cette journaliste italienne, il n’y a pas de doute. « Seules
les mafias italiennes
, la ‘Ndrangheta et la Camorra, ont les moyens d’investir autant d’argent dans un tel trafic, et avec l’aide de réseaux criminels de l’Europe de l’Est qui exploitent des travailleurs immigrés, enfermés une à deux semaines dans ces ateliers clandestins »
, affirme Alessandra Ziniti, journaliste à La Repubblica
, au micro du JT de TF1, samedi 11 avril.
Comme la marchandise est produite directement sur le sol européen, elle est facilement transportée aux quatre coins de l’espace Schengen, dont la France, sans subir des contrôles aux frontières. Une fois sur place, les paquets, quasi-indiscernables des originaux, sont vendus probablement trois fois moins cher que le prix légal. Malgré ces coups de filet fréquents, les paquets falsifiés pourraient déjà être en vente dans certains bureaux de tabac. Une enquête est en cours à ce sujet.
Selon les autorités italiennes, la vente de la contrebande de cigarettes a rapporté plus d’un milliard d’euros aux trafiquants l’an passé.











