- Face à la concurrence étrangère, les producteurs provençaux misent sur des labels pour valoriser leur production locale.
- Une trentaine d’exploitants se sont regroupés autour d’un label rouge créé il y a trois ans.
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Le 20H
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Les herbes de Provence, mélange indispensable en cuisine, cachent une réalité méconnue des consommateurs. Seulement 10% des herbes de Provence vendues en France sont produites sur le territoire national, les autres provenant de l’étranger. Aucune obligation légale n’impose d’indiquer la provenance sur les emballages, rendant difficile l’identification des produits locaux dans les rayons.
Face à cette situation, les producteurs provençaux ont décidé de réagir. Au nord des Bouches-du-Rhône, Yves Lerda cultive des herbes de Provence depuis 10 ans. Il fait partie d’une trentaine de producteurs qui ont adopté le label rouge « herbes de Provence », créé il y a trois ans. Ce label impose un cahier des charges strict, notamment une localisation uniquement en Provence : « Des terres plutôt argileuses et caillouteuses qui résistent au froid en hiver. On a quand même une qualité du produit qui est incomparable »
, explique l’agriculteur.
Une production en plein essor
Au-delà du label rouge, les producteurs misent également sur une indication géographique protégée « teint de Provence » pour se démarquer de la concurrence étrangère. Les herbes séchées font l’objet d’un tri minutieux pour éliminer résidus et tiges. Le produit labellisé séduit : la coopérative Les Aromates de Provence à Trets a doublé sa production en cinq ans et investi deux millions d’euros dans de nouvelles machines. Le produit fait l’objet de contrôles réguliers, notamment pour vérifier l’assemblage des ingrédients majeurs de la cuisine provençale: sarriette, romarin, origan et thym.
Laura Tarizzo, cheffe marseillaise du restaurant « Maison Loko », utilise ces herbes dans tous ses plats. Elle souligne leurs vertus : le romarin et le thym possèdent des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes. En plus de donner du goût, elles sont bonnes pour la santé. « Aujourd’hui, il y a une vraie prise de conscience sur la nourriture, sur le fait de faire du bien au corps. Toutes ces herbes qui étaient un peu oubliées, reprennent toute leur place »
, explique-t-elle. Consommer des herbes françaises coûte en moyenne 30% de plus, mais garantit une production sous le soleil de Provence.











