Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier
Pour se distinguer des autres campagnes de lutte contre la vie chère, il fallait changer de méthode. Tout part du hashtag #30jourspourlejusteprix choisi par les organisateurs du mouvement.
Ces dernières heures, au lendemain de la manifestation qui s’est tenue samedi 5 septembre à Dakar, de nombreux Sénégalais – résidents comme de la diaspora – se filment à partir de leur smartphone et décident de livrer leur expérience de la vie chère sur Tik Tok, X, ou Instagram. C’est le cas d’Ouma Hani, influenceuse franco-sénégalaise dont le témoignage cumule des dizaines de milliers de vues.
« Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais c’est juste dingue ce qui est en train de se passer en ce moment. Je paye la même chose en France, fait-elle remarquer. Comment tu fais pour nourrir une famille complète avec le prix de la viande aujourd’hui ? C’est dingue qu’un pays comme le Sénégal, qui n’est pas riche, pratique des prix aussi élevés. Et au nom de quoi ? »
Au nom de quoi ? C’est la question commune à tous ces témoignages. La fragilité des finances publiques du pays ou encore le contexte international peuvent expliquer certaines hausses. Mais le prix des loyers, de l’électricité ou des loisirs sont jugés anormaux et hors sol par les internautes. Jamais cela n’avait été aussi largement dénoncé.
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Les réseaux sociaux, « une arme » pour promouvoir le combat
Dieynaba Ndiaye est l’une des responsables de la campagne. Elle estime que les réseauxx sociaux constitue une « arme » dans la progression de la lutte. « Les réseaux sont une grande arme ici. Parce qu’on se rend compte que tout le monde peut se voir dans ce combat-là. Nous tous, on ressent la même chose. Aujourd’hui les Sénégalais nous ont rejoints dans ce combat-là et ils sont prêts à poursuivre les plans d’action », explique-t-elle.
Ces prochaines semaines, le collectif appelle Sénégalais à documenter et signaler tout excès de prix. Sa plateforme dédiée en ligne compte à ce jour 7000 utilisateurs.Objectif : créer une base de données publiques et dresser un état des lieux des secteurs les plus touchés par la cherté de la vie.
Accusés par certaines voix de proximité avec le Pastef, le parti d’Ousmane Sonko, les organisateurs revendiquent une campagne apolitique et citoyenne.

