- Les aliments raffinés altèrent le cerveau et la mémoire.
- Une étude révèle leurs effets nocifs sur l’amygdale et l’hippocampe, essentiels à la mémoire émotionnelle et l’apprentissage.
- Chez les personnes âgées, les dommages sont visibles après trois jours seulement.
Suivez la couverture complète
Alimentation, faites-vous du bien
On les appelle « raffinés », pourtant, ils n’ont rien de pur. Au contraire. Lorsqu’un aliment passe par le raffinage, il perd d’une partie de son goût, de ses enzymes et de ses nutriments, mais il gagne en additifs (nouvelle fenêtre), ce qui le rend plus addictif. Le raffinage permet de supprimer les substances réactives pour prévenir l’altération et stocker plus longtemps. Le problème de ces aliments, c’est qu’ils ont un impact négatif sur notre santé. En effet, une étude publiée dans la revue scientifique Brain, Behavior, and Immunity
(nouvelle fenêtre) démontre que la consommation d’aliments raffinés pendant seulement trois jours peut altérer le cerveau et entraîner des troubles de la mémoire, notamment chez les personnes âgées. L’explication avancée par les chercheuses ? Le manque de fibres dans ces aliments. Selon les scientifiques, la diminution des fibres alimentaires (nouvelle fenêtre) provoquerait des perturbations de la production d’énergie au niveau de l’amygdale, région essentielle du cerveau, notamment pour les souvenirs et la mémoire émotionnelle, mais également une chute du butyrate, substance produite par les bactéries intestinales et maillon entre le cerveau et l’intestin.
L’hippocampe et l’amygdale impactés
Pour en arriver à ces conclusions, Ruth M. Barrientos et Kedryn K. Baskin, de l’Université de l’Ohio, ont utilisé des rats mâles à deux stades de vie distincts : de jeunes adultes de trois mois et des rats âgés de vingt-quatre mois. Un groupe a reçu une alimentation riche en fibres et en glucides complexes, les autres ont été soumis à des régimes purifiés et raffinés. « Nous avons été surpris de la rapidité avec laquelle ces effets ont été observés (3 jours) après avoir suivi ces régimes alimentaires, ce qui suggère qu’il n’est pas nécessaire d’atteindre un état d’obésité pour constater des effets significatifs sur la santé et le fonctionnement du cerveau
« , expliquent les chercheuses au média PsyPost
.
Elles notent que les sujets les plus âgés qui n’ont consommé que des produits raffinés riches en graisses et pauvres en sucres ont présenté, à la suite de ces trois jours, des problèmes de mémoire. Ici, c’est l’hippocampe qui décrochait. Or, cette région du cerveau permet de gérer l’apprentissage, le repérage dans l’espace et elle est particulièrement sensible à une alimentation déséquilibrée. « Plus frappant encore, tous les régimes raffinés que nous avons testés, quel que soit leur contenu en graisses ou en sucres, ont altéré la mémoire émotionnelle des rats âgés, mémoire liée à l’amygdale, qui nous aide à apprendre à partir d’expériences effrayantes ou dangereuses
« , ajoutent les chercheuses. Ces résultats laissent à penser qu’une alimentation raffinée peut impacter davantage la reconnaissance du danger et la mémorisation chez les personnes âgées. Cela pourrait accroître le risque d’accident et « le point commun de ces régimes raffinés est leur faible teneur en fibres, les rendant très similaires aux aliments ultra-transformés
« . Néanmoins, les chercheurs notent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour savoir si une « supplémentation en fibres ou en butyrate
» pourrait inverser les dommages causés par une alimentation raffinée.











