Avec nos envoyés spéciaux à La Guaira, Melissa Barra et Jad El Khoury
Le complexe sportif de La Guaira accueille des centaines de déplacés. Andreina, mère de trois enfants, suit du regard sa cadette de 5 ans occupée par un jeu de nœuds de cordes.
« Hier, la petite a fondu en larmes », raconte la mère de famille. « Elle m’a dit qu’elle était soulagée de m’avoir encore. Elle a rencontré ici une petite fille qui a perdu sa maman et son papa… C’est très difficile… J’ai appris la mort de mes neveux, mais je n’ose pas le dire à ma fille. Le coup serait trop dur à encaisser », se désole Andreina.
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À l’ombre d’un hangar, des dizaines d’enfants jouent au foot, dessinent ou font des jeux d’adresse. Ils sont encadrés par des professionnels de l’enfance, sous la coordination de l’Unicef. « Il y a un traumatisme, oui. On le voit dans leurs dessins », explique Johana Gando. Elle est psychologue pour l’ONG vénézuélienne Fundainil.
« Ce sont des dessins de familles, de maisons », décrit la psychologue. « Certains enfants se sont effondrés en dessinant, car l’événement traumatique refait surface. Nous évitons de leur poser des questions sur ce qui s’est passé, ou s’ils ont perdu des proches. Notre travail, c’est de les accompagner et de leur donner des outils pour gérer leurs émotions. »
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« L’impact du traumatisme des tremblements de terre est très important »
Au total, ils sont 680 000 enfants au Venezuela à avoir besoin d’une aide humanitaire, selon l’Unicef.
« Il y a un besoin énorme dû à l’impact des deux tremblements de terre, qui ont eu lieu en très peu de temps », souligne Roberto Benes, directeur régional de l’Unicef pour l’Amérique latine. « On a un besoin immédiat d’accès aux soins médicaux, de soutien psychosocial, mais surtout d’accès à l’eau potable. L’accès à l’eau potable est absolument critique. Deuxièmement, j’ai constaté que les enfants sont ensemble, suivis par des professionnels des services sociaux, et ils sont en train de récupérer. Maintenant, l’impact du traumatisme du tremblement de terre est très important. Il ne faut pas le sous-estimer. »
Pour Claudia Gonzalez Pacheco, responsable des relations extérieures de l’ONG World Vision Venezuela, « ces enfants ne comprennent pas ce qui s’est passé mais ils ont très peur. N’importe quel mouvement brusque, n’importe quel bruit soudain les met en alerte et les terrorise », explique-t-elle au micro de Marine de la Moissonnière du service international de RFI.
« Hier, il y a eu un orage ici, au Venezuela, et mon petit-fils qui a deux ans, s’est mis à trembler de tout son corps, à cause du tonnerre. Ce double séisme a vraiment eu un impact dévastateur sur le plan émotionnel », insiste Claudia Gonzalez Pacheco. « Le traumatisme apparaît tout de suite mais aussi sur le long terme. Ces enfants ne saisissent pas la gravité de ce qui leur est arrivé. Il est donc indispensable qu’ils soient accompagnés par des professionnels aujourd’hui et sur le long terme. D’autant que le Venezuela ne va se remettre de cette tragédie en quelques semaines. Cela va nous prendre des mois, des années. »
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