Trois jours après le puissant tremblement de terre qui a frappé le centre de la Birmanie, les secouristes recherchent frénétiquement des survivants.
Les équipes de secours, dont le travail est déjà rendu compliqué par le manque de moyens humains et matériels, sont exposés à des températures étouffantes de jour comme de nuit.
À Mandalay et Sagaing, villes les proches de l’épicentre, l’odeur des corps en décomposition coincés sous les décombres imprègne les rues.
Suivez la couverture complète
Séisme en Asie du Sud-Est : la Birmanie appelle à l’aide
Jusqu’à 40°C la journée, 27°C la nuit. Plus de 72 heures après avoir tremblé sous les effets d’un violent séisme de magnitude 7,7 – peu profond, ce qui a augmenté son impact -, puis quelques minutes plus tard après d’une secousse mesurée à 6,7 sur l’échelle de Richter, le centre de la Birmanie est accablé par une chaleur suffocante.
À Mandalay, la deuxième plus grande ville birmane, qui se trouve à 20 km de l’épicentre, les chances de retrouver des survivants s’amenuisent. Alors qu’ils s’affairent autour des sites sinistrés de l’ancienne capitale royale, située le long de la faille de Sagaing, une zone de population très dense, les sauveteurs étouffent sous ces conditions tropicales. Conséquence : après n’avoir pas faibli tout au long du week-end, les efforts des secours, mis à rude épreuve physiquement et mentalement, ont perdu en intensité.
Dans son dernier bilan, la junte au pouvoir, qui a décrété une semaine de deuil national, faisait état, dimanche 30 mars, de 1.700 morts, 3.400 blessés et 300 disparus. Malgré la mobilisation de la communauté internationale pour venir en aide à ce pays décimé par le coup d’État de 2021 et les quatre années de guerre civile qui ont suivi, affaiblissant gravement sa capacité à réagir à de telles catastrophes, des milliers de morts supplémentaires sont à craindre.
À chaque rafale, l’odeur des cadavres remplit l’air
À chaque rafale, l’odeur des cadavres remplit l’air
Un pompier birman à Mandalay
« Avec cette chaleur, je crains que nous ne trouvions plus de corps que de survivants », confie à Al Jazeera (nouvelle fenêtre) Htet Wai, un pompier birman, dépêché depuis Yangon, la capitale commerciale, à 627 km au nord. « Mais nous ferons de notre mieux pour sauver autant de vies que possible. »
Sur place, la chaleur extrême réduit les chances de survie des personnes ensevelies et accélère la décomposition des centaines de dépouilles, peut-être plus, encore piégées. « Les corps que nous avons trouvés étaient déjà en décomposition. C’est déchirant. C’est au-delà de ce que nous pouvons gérer seuls », se désole le sauveteur, qui réclame plus de secouristes qualifiés et d’équipements pour déplacer les gravats, déblayés le plus souvent à mains nues. Les secours manquent aussi de sacs mortuaires, alors que « l’odeur de mort imprègne les rues », comme le relate AP (nouvelle fenêtre).
Une situation qui se répète à 22 km à l’ouest, dans la ville voisine de Sagaing, la ville la plus proche de l’épicentre du séisme, que les secouristes n’ont pu rejoindre qu’après avoir enjambé le pont d’Ava, largement détruit, qui traversait le fleuve Irrawaddy. « À chaque rafale, l’odeur des cadavres remplit l’air », raconte un témoin. « À ce stade, plus de corps sont récupérés que de survivants. »