Aux Philippines, les équipes de secours poursuivaient mardi leurs recherches dans les bâtiments effondrés du sud du pays, au lendemain de l’un des séismes les plus puissants enregistrés depuis un demi-siècle. La catastrophe a fait au moins 41 morts et contraint plus de 20 000 personnes à quitter leur domicile.
Seules quatre personnes étaient officiellement portées disparues dans les provinces méridionales proches de la zone où le séisme de magnitude 7,8 a frappé lundi matin, mais le Bureau de la protection civile a reconnu que plusieurs bâtiments effondrés ou gravement endommagés devaient être minutieusement inspectés pour retrouver d’éventuels survivants ou victimes.
Le séisme, dont l’épicentre se trouvait au large de Mindanao, la deuxième île la plus peuplée des Philippines, a blessé près de 500 personnes et déplacé plus de 20 000 habitants, dont la plupart se sont réfugiés dans des centres d’hébergement d’urgence.
Nombre de personnes ayant quitté leur domicile craignaient un tsunami. Des vagues atteignant jusqu’à 1,4 mètre au-dessus du niveau de la marée ont été enregistrées aux Philippines, mais les seuls dégâts attribués au tsunami concernent six cabanes sur pilotis dans un village côtier.
De plus petites vagues ont atteint les côtes de l’Indonésie, de Palaos et jusqu’au sud du Japon.
Glissements de terrain et effondrements d’immeubles font plusieurs morts
Le séisme a laissé derrière lui un paysage de désolation, notamment à General Santos, une ville côtière dynamique de plus de 700 000 habitants, où au moins 13 personnes ont été tuées dans l’effondrement de bâtiments ou par la chute de débris.
Au moins 18 personnes sont mortes dans la province de Sarangani, principalement lors d’un glissement de terrain qui a enseveli des maisons dans la ville de montagne de Glan, a indiqué Rafaelito Alejandro, du Bureau de la protection civile.
D’autres décès ont été signalés dans les provinces méridionales de South Cotabato et de Davao Occidental, ainsi que sur l’île de Balut, ont précisé les responsables des secours.
Environ 2 000 maisons et 117 bâtiments et installations publics ont été endommagés dans plusieurs provinces, selon une première évaluation des autorités.
Des secouristes préparent leur matériel pour une opération de recherche dans un immeuble endommagé après un séisme à General Santos, le 9 juin 2026 – AP Photo
L’aéroport international de General Santos est resté fermé, entraînant l’annulation de 63 vols intérieurs, à l’exception de ceux liés à des missions humanitaires.
Environ 6 000 bâtiments d’écoles publiques situés dans les provinces touchées doivent être inspectés avant la reprise des cours. Le séisme est survenu le premier jour de classe à l’échelle nationale, après deux mois de vacances d’été, et nombre des blessés sont de jeunes élèves rassemblés pour la cérémonie matinale de lever du drapeau.
Les autorités ont mis en garde contre le risque d’effondrement de bâtiments fissurés lors des répliques, dont certaines continuent à être particulièrement puissantes.
« Nous ne pouvons pas imposer la réouverture immédiate des écoles, car nous devons d’abord nous assurer de l’intégrité des bâtiments », a déclaré Alejandro.
Le séisme le plus puissant depuis 1976
Le séisme de lundi avait son épicentre en mer, à 33 kilomètres de profondeur, à environ 32 kilomètres au sud-ouest de la ville de Maasim, dans la province de Sarangani.
Il a été provoqué par un mouvement le long de la fosse de Cotabato et il s’agit du séisme le plus puissant depuis que cette même dépression sous-marine a déclenché, le 17 août 1976, une secousse de magnitude 8,1 accompagnée d’un tsunami, a expliqué Teresito Bacolcol, directeur de l’Institut philippin de volcanologie et de sismologie.
Un bâtiment endommagé après un séisme à General Santos, le 8 juin 2026 – AP Photo
Environ 8 000 personnes avaient péri lors de ce séisme et du tsunami, dont les vagues, hautes de 8 à 10 mètres, avaient submergé plusieurs villes et provinces, a rappelé Bacolcol.
L’Institut philippin de sismologie doit commémorer en août l’anniversaire du séisme et du tsunami de 1976 en installant des repères destinés à rappeler aux villes et communes vulnérables la nécessité d’une vigilance permanente, a indiqué Bacolcol à l’agence de presse Associated Press.
Un autre séisme de magnitude 7,8, en 1990, avait fait plus de 1 000 morts, des milliers de blessés et d’importants dégâts dans les provinces et villes du nord du pays.
Le président Ferdinand Marcos Jr a dépêché depuis Manille de hauts responsables de la gestion des risques du ministère de la Défense pour superviser les opérations de recherche et de sauvetage, la distribution de dizaines de milliers de rations alimentaires et de matériaux de construction aux sinistrés, ainsi que l’évaluation des dégâts sur les ponts, les routes et d’autres infrastructures.
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Les États-Unis, alliés des Philippines par traité, ont indiqué qu’ils coordonnaient leur action avec Manille et se tenaient prêts à soutenir les opérations de secours. La France, le Japon et la Nouvelle-Zélande ont eux aussi exprimé leur soutien.
Les Philippines sont régulièrement frappées par des séismes et des éruptions volcaniques en raison de leur position sur la « ceinture de feu du Pacifique », un arc de failles sismiques qui encercle l’océan.
L’archipel est en outre balayé chaque année par une vingtaine de typhons et de tempêtes tropicales, ce qui en fait l’un des pays les plus exposés aux catastrophes naturelles au monde.











