Scott Adams, auteur de la bande dessinée Dilbert, qui caricaturait la vie en entreprise, et qui avait été sanctionné par des journaux américains pour ses propos racistes en 2023, est mort à l’âge de 68 ans, dans le nord de la Californie, a fait savoir son ex-femme, Shelly Miles, mardi 13 janvier.
Shelly Miles a lu un dernier message de son ancien mari lors d’un livestream : « J’ai eu une vie incroyable. J’ai donné tout ce que j’avais. » Scott Adams avait annoncé en 2025 qu’il souffrait d’un cancer de la prostate qui s’était étendu aux os.
Le président américain, Donald Trump, a rendu hommage à celui qu’il voyait comme un « grand influenceur ». « C’était un type fantastique qui m’aimait et me respectait quand ce n’était pas à la mode. Il a courageusement bataillé contre une terrible maladie », écrit-il dans un message sur Truth Social, dans lequel il fait part de ses condoléances à sa famille et ses amis.
A son sommet, Dilbert, avec son héros sans bouche en chemise blanche à manches courtes et cravate rouge et noir, apparaissait dans 2 000 journaux à travers le monde, dans au moins 70 pays et en 25 langues.
En 1997, Scott Adams avait reçu le prix Reuben, considéré comme le prix plus prestigieux pour les « cartoonists ». Cette même année, le personnage de Dilbert était le premier personnage fictif à faire son entrée dans le classement des Américains les plus influents, établi par le magazine Time.
« Assumer les conséquences »
Pour Scott Adams, tout s’est effondré en 2023 après la publication d’une vidéo où il qualifiait notamment la population noire de « groupe de haine ».
Dans son émission sur YouTube, il évoquait alors un sondage montrant qu’une courte majorité des personnes noires interrogées se disaient d’accord pour dire que « c’est OK d’être blanc ». « C’est un groupe de haine et je ne veux rien avoir à faire avec lui », avait-il déclaré dans cette vidéo. « Si la moitié des Noirs, d’après ce sondage, estiment que ce n’est pas OK d’être blanc, alors c’est un groupe haineux », justifiait alors Scott Adams. « Vu la manière dont les choses se passent actuellement, le meilleur conseil que je pourrais donner aux Blancs est de ficher le camp loin des Noirs », ajoutait-il. Selon l’agence de presse américaine Associated Press (AP), il avait plus tard déclaré avoir été hyperbolique, mais avait défendu sa position.
Dans la foulée de la diffusion de cette vidéo, plusieurs journaux avaient annoncé qu’ils ne publieraient plus sa bande dessinée, à l’image du réseau USA Today Network, qui gère des centaines de journaux sur tout le territoire américain. Le Washington Post avait également cessé sa collaboration avec Scott Adams : « A la lumière des récentes déclarations de Scott Adams promouvant la ségrégation, The Washington Post a cessé la publication de la bande dessinée Dilbert », avait déclaré un porte-parole du journal.
« Il n’est pas “cancelled”. Il subit les conséquences de ses propos », avait déclaré, à l’époque, Bill Holbrook, le créateur de la bande dessinée On the Fastrack, à AP. « Je le soutiens pleinement dans sa liberté d’expression, mais il doit ensuite en assumer les conséquences. » Scott Adams avait cependant reçu le soutien d’Elon Musk.
Il avait ensuite relancé sa bande dessinée sous le nom « Dilbert Reborn » sur la plateforme vidéo Rumble, très populaire dans le milieu conservateur américain et dans les sphères d’extrême droite.












