Les vrais complotistes admettent rarement qu’ils le sont. Alors, en refermant Chroniques de la paranoïa (Cornélius, 40 pages, 14,50 euros, à paraître le 5 février), le dernier album de Robert Crumb, le doute est permis : le pape de la bande dessinée américaine underground, qui manie le second degré et la provocation comme personne, croit-il un mot de ce galimatias de propos antivax et conspirationnistes, qu’il déroule avec beaucoup de texte et très peu de cohérence ?
Le natif de Philadelphie, 82 ans aujourd’hui, qui a quitté les Etats-Unis pour la France dans les années 1990, a dessiné au cours de sa carrière tant de bandes dessinées drôles ou abjectes, selon le point de vue, sur l’inceste, les Noirs, les juifs, les femmes et les homosexuels… Son anticonformisme et son amour du politiquement incorrect résonnent comme une mise en garde : ce qui sort de sa plume n’a pas a priori vocation à être pris au premier degré.
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