mercredi, mai 20

  • Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé ce mardi souhaiter un âge « plancher » pour passer le baccalauréat.
  • Cette année, le plus jeune candidat a moins de 10 ans et Édouard Geffray craint que les épreuves soient trop poussées pour le « niveau de maturité » d’élèves d’un tel âge.
  • Samuel Sené, chef d’orchestre et metteur en scène, a obtenu son bac à l’âge de 14 ans. Il alerte, auprès de TF1info, sur les risques d’empêcher un enfant précoce d’avancer à son rythme.

Dernière ligne droite pour les lycéens français. Alors que les épreuves du baccalauréat professionnel débutent ce mercredi 20 mai et que les élèves des filières générales commenceront l’examen le 15 juin prochain, Édouard Geffray s’est étonné que le plus jeune candidat à s’être présenté aux épreuves de 2026 était âgé d’un peu moins de 10 ans, alors que le reste de ses camarades sont, en moyenne, âgés de 18 ans. L’année précédente, la plus jeune aspirant bachelier n’avait que 8 ans. 

Un écart qui inquiète le ministre de l’Éducation nationale. Il a ainsi demandé à ses services « d’expertiser la possibilité de mettre une espèce de seuil plancher, pour tout simplement éviter que des enfants soient dans une situation où, bien malgré eux, ils auraient été préparés de manière intensive à un examen qui n’est pas fait pour leur niveau de maturité », affirmait-il lors d’une conférence à Arcueil (Val-de-Marne) ce mardi 19 mai.

Laissez les cas particuliers tranquilles !

Samuel Sené à TF1info

Une déclaration qui a hérissé Samuel Sené, metteur en scène et chef d’orchestre reconnu. Âgé de 44 ans, il a obtenu son bac il y a trente ans, en 1996, alors qu’il n’avait que 14 ans. « On disait de moi que j’étais un enfant précoce, d’autres disaient surdoué », se remémore le directeur musical auprès de TF1info. « J’aimais l’apprentissage et j’allais plus vite que le programme de l’Éducation nationale. Je n’ai pas débarqué au lycée à 14 ans comme ça. J’ai connu l’alphabet avant de savoir parler, à l’âge de 18 mois. J’ai su compter à l’âge de 3 ans. Du coup, j’ai fait ma rentrée au CP à l’âge de 4 ans », explique Samuel Sené à propos de son parcours hors du commun, suivi de près par des psychologues scolaires. 

Selon le chef d’orchestre, fixer un âge « plancher » aux candidats du baccalauréat peut diriger les enfants précoces vers un échec scolaire. « Pourquoi s’intéresser autant à des cas particuliers ? Il faut les laisser tranquilles ! », martèle le quadragénaire, avant de s’interroger : « Depuis quand la maturité est-elle liée à l’âge ? » D’après lui, forcer un enfant précoce à suivre le parcours scolaire classique peut s’avérer dangereux. « Si l’enfant connait déjà le programme et qu’on le cantonne à sa classe selon son âge, il va s’ennuyer et mal tourner. Il n’y a rien de pire qu’un enfant qui s’ennuie à l’école », met-il en garde.

Cet ancien écolier précoce souligne avoir été « très heureux » de son parcours scolaire. « Même si mon hypersensibilité, liée à mon avance, m’a parfois causé un mal-être en classe », s’est-il souvenu de ses anciens camarades de quatrième, en pleine crise d’adolescence, qu’il regardait d’un drôle d’œil du haut de ses 10 ans. Mais Samuel ne ferait rien différemment : sa particularité lui a notamment permis « de prendre de l’avance sur la vie », à savoir se tourner vers une carrière artistique, qu’il a pu entamer à l’âge de 17 ans et qui l’épanouit encore aujourd’hui. L’âge du plus jeune candidat au baccalauréat est, selon lui, une « question annexe ». « L’Éducation nationale devrait plutôt se concentrer sur le bonheur des élèves, par exemple en ouvrant plus de pratiques artistiques et sportives dans les classes. Là est le vrai chantier », soutient-il.

Le baccalauréat général et technologique commencera le 15 juin prochain avec l’épreuve de philosophie. Les épreuves anticipées en français et mathématiques, qui ont lieu en classe de première, se dérouleront les 11 et 12 juin. Les épreuves du baccalauréat professionnel, elles, ont débuté ce mercredi. 

Charlotte JOYEUX

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