- Le « hobosexuel » séduit pour trouver un abri plus que par amour.
- S’invitant rapidement chez l’autre, il tire profit des ressources et provoque des dégâts émotionnels.
- Ce parasitisme amoureux est une forme de violence économique.
Dans la catégorie des relations toxiques, on connaissait les adeptes du ghosting, du love bombing, du breadcrumbing, mais on connaît encore relativement mal les hobosexuels. Hobo, en anglais, signifie « vagabond ». Le terme apparaît pour la première fois dans la presse américaine en 2017. Dans Rolling Out
(nouvelle fenêtre), la journaliste Nakita Nicci écrit qu’un hobosexuel est « une personne qui sort avec vous dans le seul but d’avoir un endroit où loger et non par véritable intérêt romantique
« . Ils sévissent notamment sur les applications de rencontres et débarquent lors des premiers rendez-vous avec une histoire particulièrement bien amenée pour susciter de la tristesse ou de la compassion, et s’installent très vite chez l’autre.
Le média canadien Urbania
(nouvelle fenêtre),
qui a enquêté sur ce phénomène, raconte l’histoire d’une jeune femme qui s’est retrouvée en colocation forcée après le premier rendez-vous. « Il est arrivé dans ma vie au moment où mon estime de moi était au plus bas après plusieurs échecs amoureux. Il semblait super gentil. Il habitait chez sa grand-mère à Trois-Rivières
« , témoigne Mélanie. Elle le ramène chez elle à la suite de ce premier date
; il n’est jamais reparti. D’autres femmes racontent également leur histoire. Une relation qui commence rapidement, un homme qui pose ses valises chez elle. Le point commun ? Après le masque du prince charmant ou de l’oiseau blessé par la vie, la colocation vire au cauchemar. Le hobosexuel vide les frigos et les comptes, impose son mode de vie, ne participe pas à la vie du foyer, ne contribue pas aux charges et vit au crochet de celle qui l’héberge. Une autre femme raconte : « Il devient méchant, manipulateur et même violent un peu plus tard
. »
Derrière le parasitisme, une violence économique
Expert en manipulation, le hobosexuel joue sur la corde sensible, profite de la générosité, joue sur les sentiments et qualifie la rencontre de « destin ». Néanmoins, certains signes peuvent mettre la puce à l’oreille : la relation et les rencontres ont lieu uniquement chez vous ; le partenaire n’a pas de logement ni de revenus stables et parle très rapidement de difficultés (expulsion, tensions, travaux…) ; il se montre vulnérable et rassurant. Enfin, il s’installe progressivement chez vous, sans vraiment demander. Mais une fois qu’il a posé ses cartons et ses valises, il est difficile de s’en débarrasser, car il impose sa présence et joue sur l’empathie et la culpabilité.
Derrière cette relation hautement toxique, voire dangereuse, se cache autre chose : la violence économique. Le site du Service public (nouvelle fenêtre) rappelle que ce type de violence peut se « caractériser par une utilisation de vos comptes bancaires par votre conjoint, à votre insu, pour ses besoins personnels, ainsi que par un contrôle ou une privation de vos ressources
« . Les associations rappellent, par ailleurs, que les violences économiques font partie des violences conjugales. Aussi, il est important de prendre contact avec des organismes soutenant les femmes victimes de violences conjugales en cas de doute.











