Le soleil a brillé toute la semaine à San Francisco. Et comme souvent lors de la J. P. Morgan Healthcare Conference, la grand-messe annuelle mondiale de la biotech où convergent jeunes pousses, petits et grands laboratoires pharmaceutiques, banquiers et investisseurs de tout poil, les caprices météorologiques locaux sont lus comme un présage des humeurs à venir du marché. Cette 44e édition, organisée du 12 au 15 janvier, n’a pas échappé à cette réputation. « L’ambiance générale était à l’optimisme et, coïncidence ou pas, il a fait particulièrement beau », plaisante Pascal Prigent, PDG de Genfit, de retour du grand raout américain.
Même l’absence, cette année, d’annonces emblématiques d’acquisitions, comme c’est souvent le cas lors de l’événement, n’a pas entamé la bonne humeur collective. Les rumeurs allaient pourtant bon train. Chez les participants français, les bruits de couloir sur un possible rachat de la biotech tricolore Abivax par le géant du diabète et de l’obésité Eli Lilly était sur toutes les lèvres. Il faut dire que l’envolée vertigineuse de cette jeune pousse fondée en 2013, et dont chacun scrute avec gourmandise les performances, fait rêver. Valorisée moins de 400 millions de dollars (345 millions d’euros) il y a sept mois, sa capitalisation boursière dépasse aujourd’hui les 9 milliards. Du jamais vu pour une biotech hexagonale. « C’est incroyable, ils ont explosé le plafond de verre auquel se heurtaient depuis toujours les biotechs françaises », s’enthousiasme Nawal Ouzren, directrice générale de Sensorion.
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